Recul significatif de l’emploi dans le textile, l’automobile et les BTP

De février 2008 au même mois de 2009, 31 680 emplois ont été perdus, soit 3% des emplois déclarés à  la CNSS.
Ces destructions de postes sont dues à  des arrêts d’activité définitifs ou provisoires.

La baisse de la demande étrangère est durement ressentie par le Maroc et les chiffres de la CNSS le confirment.  A fin février 2009, le nombre de salariés déclarés a baissé de 3,38% par rapport au même mois de 2008, à 905 762, soit 31 680 emplois perdus.
Le textile, secteur exportateur par excellence, a perdu 11 653 emplois. Et c’est le seul secteur où tous les indicateurs sont en baisse : nombre de salariés déclarés (-8,94%), nombre de jours déclarés (-9,64%), masse salariale
(-6,5%). Les données du ministère de l’emploi fournissent des détails assez révélateurs des difficultés dudit secteur. Sur une période de 40 jours (entre le 1er mars et le 10 avril 2009), on a recensé 27 entreprises, employant 8 860 salariés, qui sont en difficulté à Salé. Dans ce groupe, 5 entreprises employant 1 000 salariés ont fermé définitivement, 6 (3 000 salariés) ont procédé à la réduction du temps du travail, 12 (4 210 salariés) sont en arrêt provisoire et 4 (650 salariés) sont en arrêt définitif. Les causes de ces difficultés sont liées soit à la baisse ou carrément à l’arrêt des commandes. A Rabat, la situation n’est guère meilleure : en raison de la baisse des commandes, 4 entreprises ont réduit la durée du travail, 3 ont fermé provisoirement, une est en liquidation judiciaire et une autre a fermé ses portes et licencié ses 170 employés. Soit au total 9 entreprises employant 1 725 personnes. Dans la zone industrielle de Ben M’sik à Casablanca, 7 entreprises employant 907 personnes vivent des difficultés, soit en raison de la baisse des commandes (pour 6 d’entre elles), soit pour des raisons d’appartenance syndicale. Résultat : une entreprise a déposé une demande de fermeture chez le gouverneur et 4 autres ont réduit la durée du travail.

Avec seulement 250 emplois détruits, le tourisme a bien résisté
Le secteur automobile, lui aussi dépendant de la commande étrangère, a enregistré des pertes d’emplois très importantes (-11,25%) proportionnellement au nombre d’entreprises affiliées à la CNSS (36) et de salariés employés : 20 408 à fin février 2009, contre 22 994 à la même période de 2008, soit une baisse de 2 586 emplois. Le BTP, pourtant tiré par la seule demande interne, a, lui aussi, détruit 2 965 emplois. Est-ce dû aux intempéries, exceptionnelles cette année (empêchant le lancement de chantiers ou arrêtant ceux déjà en cours), ou bien à un tassement de l’activité, en particulier dans son volet logement ? Quoi qu’il en soit, ces trois secteurs totalisent 54% des pertes d’emplois.
Paradoxalement, le tourisme, que l’on avait tendance à classer dans les secteurs susceptibles de subir les effets de la crise internationale, n’a pas perdu d’emplois de façon significative : 250 postes en moins sur la période considérée.