Recul des prix du pétrole : bon pour la compensation, pas forcément pour la croissance

Le cours du Brent fluctue autour de 103 dollars le baril. Les importations marocaines de brut ont baissé de 15.7% en volume et de 30.1% en valeur.

Les cours du pétrole brut évoluent dans une zone de prix quasiment stable depuis deux mois : entre 102 et 104 dollars le baril de Brent. Mardi 11 juin, le Brent cotait à 103,3 dollars en fin de matinée, loin du niveau enregistré le 11 février dernier à 118,26 dollars le baril. Si cette tendance venait à se poursuivre, et il semble que ce niveau de prix arrange aussi bien les exportateurs que les importateurs, les charges de compensation au Maroc, tout au moins en ce qui concerne les produits pétroliers, seraient à peu près conformes aux prévisions de départ (100 dollars le baril) sur lesquelles était bâtie la Loi de finances. Surtout que, et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour tout le monde, les volumes consommés sont en baisse pour le moment.

Les cours de butane ont beaucoup baissé depuis un an

Sur les quatre premiers mois de l’année, en effet, les charges de compensation, selon le décompte de la Trésorerie générale du Royaume (TGR), se sont élevées à 16,5 milliards de DH, soit le même montant qu’en 2012. A ce rythme-là, l’exercice 2013 devrait s’achever sur une enveloppe de 49,5 milliards de DH, au lieu de 51 milliards prévus (arriérés compris).

Davantage que le prix lui-même, ce sont les quantités importées qui semblent être à l’origine de l’accalmie observée dans l’évolution des charges de compensation. Sur les quatre premiers mois de l’année, en effet, alors que le prix moyen du baril de Brent se situait autour de 109 dollars jusqu’à fin mars, avant de baisser au mois d’avril, les importations marocaines de pétrole brut avaient baissé de 30,1% en valeur. L’explication de cette baisse semble liée aux quantités de brut importées puisque celles-ci avaient chuté de 15,7%. Les importations des gaz de pétrole et autres hydrocarbures (c’est-à-dire essentiellement le butane et le propane) avaient, elles, baissé en valeur de 6%, malgré la hausse des quantités importées de 18%. Il faut dire que les cours du butane ont beaucoup baissé depuis un an. On est passé de 1 062 dollars la tonne en mars 2012 à 707 dollars au mois d’avril 2013 (-33,5%). En revanche, les importations de gasoil et du fioul ont enregistré une hausse en valeur de 6,25%, à 12,8 milliards de DH, mais pour des volumes en hausse de 12,3%. C’est que le prix de la tonne de gasoil est passé d’environ 1 100 dollars au début de l’année à 894 dollars à la fin du mois de mai de cette année.

Bref, si la conjoncture économique internationale reste ce qu’elle est, c’est-à-dire morose, y compris en Chine où la croissance est révisée à moins de 8%, les prix du pétrole pourraient se maintenir à leur niveau actuel, voire légèrement baisser mais dans une amplitude qui ne dépasserait pas 3 à 4 dollars cependant. Bonne affaire pour la compensation, mais pas pour la croissance…