Ramed : le gouvernement promet la généralisation avant fin 2010

Le mécanisme n’est pas encore totalement au point. L’expérience de Tadla-Azilal a dévoilé certains dysfonctionnements.
Le nombre de bénéficiaires a atteint 151 082 dans la région pilote de Tadla-Azilal.
Les 18 000 personnes qui ont bénéficié de l’accès aux soins à  fin décembre 2009 ont consommé 20 MDH.

La généralisation du Régime d’assistance médicale des économiquement démunis (Ramed) à toutes les régions du pays se fera avant la fin de l’année 2010. L’annonce a été faite, le 4 juin, lors d’une réunion de la commission de suivi présidée par le Premier ministre, Abbas El Fassi. Lancé dans la région de Tadla-Azilal, en novembre 2008, le Ramed devait être étendu, rappelons-le, à l’ensemble du pays au cours de l’année 2009, mais ce calendrier n’a pu être respecté en raison de problèmes techniques et administratifs relatifs notamment à l’identification de la population éligible et à la fixation des critères d’octroi de la carte d’assistance médicale. Après ce premier report, les pouvoirs publics avaient prévu l’extension du régime pour juillet 2010. Mais une fois encore, il semble que les démunis des autres régions du pays devront encore patienter. Pour l’heure, aucune date précise n’est encore avancée, ce qui fait craindre un nouveau report.  
En attendant, la phase test dans la région de Tadla-Azilal permet d’apporter, au fur et à mesure, les correctifs nécessaires. A ce titre, une évaluation quantitative et qualitative de l’expérience réalisée en 2009 par un cabinet d’études de la place, à la demande du ministère de la santé, vient de livrer ses premières conclusions.
On retiendra que de novembre 2008 à la mi-juin 2010, le nombre de bénéficiaires dans la région de Tadla-Azilal a atteint 151 082, soit 36% de la population éligible au Ramed de la région. Cette population est estimée à 420 000 personnes, dont 152 000 en situation de pauvreté absolue et 268000 en vulnérabilité relative. Le nombre de cartes distribuées est de 44953, dont 31 062 dans la province de Béni-Mellal soit 69% du total, contre 13 891 pour Azilal.
C’est logiquement dans le milieu rural qu’a été distribué le plus grand nombre de cartes : 26976 contre 17977 dans les villes.
Par ailleurs, 87% des cartes, soit 39 026, ont été distribuées à des ménages pauvres contre seulement 5 927 cartes pour les foyers vulnérables.

La contribution des bénéficiaires s’est limitée à 300 000 DH sur une prévision de 5 millions

A fin décembre 2009, plus de 18 000 personnes ont bénéficié de l’accès aux soins dans les structures hospitalières de la région de Tadla-Azilal ainsi que dans les établissements privés conventionnés. Ces personnes ont consommé l’équivalent de 20 MDH tous soins confondus dont 8,5 millions couvrant les soins de dialyse.
Selon le bilan du ministère de la santé, les bénéficiaires du Ramed constituent 19% des patients ayant fréquenté les structures hospitalières de la région de Tadla-Azilal. Il est également précisé que les contributions des démunis relatifs (120 DH payés annuellement par personne avec un plafond de 600 DH) n’ont atteint, depuis le démarrage de la couverture médicale, que 300 000 DH sur une prévision de départ de 5 MDH. Ce qui signifie, selon des observateurs, que les mécanismes de fonctionnement du Ramed, et notamment l’identification des personnes qui y sont éligibles, ne sont pas tout à fait au point. D’où la nécessité de procéder à l’amélioration du système et préalablement à son extension, avant la fin de l’année, à l’ensemble du pays.
On ignore encore quels sont les correctifs nécessaires, mais pour des sources proches du dossier ils concerneront les modalités relatives au système de calcul des scores permettant l’identification des bénéficiaires, à la fixation des délais de livraison des cartes, au respect de la filière de soins ou encore à la procédure d’admission des patients dans les services hospitaliers.
Rappelons que la population totale éligible au Ramed est estimée à 8,5 millions de personnes à partir du seuil de pauvreté et de vulnérabilité retenu par le recensement de 2004. Environ 100000 personnes bénéficient d’une gratuité totale des soins.
Il s’agit des pensionnaires des établissements pénitentiaires, de bienfaisance, des orphelinats, des personnes sans domicile fixe et des personnes bénéficiant de la gratuité pour la prise en charge d’une ou de plusieurs pathologies lourdes.