Ramassage des ordures 24h/24 dans 5 mois

Le nouveau matériel est en cours de réception n Le personnel des
communes dispose d’un délai de trois ans pour choisir son statut.

Malgré la délégation de la collecte des ordures à des entreprises privées, la propreté de Casablanca ne sera pas immédiatement améliorée. La situation, déjà critique, a même empiré durant les premiers jours de la délégation. Toutefois, les responsables des sociétés Ségédéma et Tecmed (voir encadré), forts de leur expérience dans les autres villes du Maroc, restent confiants. Selon eux, les Casablancais ne constateront un saut qualitatif dans la propreté de la cité que d’ici cinq mois, le temps que l’arrimage avec les anciennes structures des communes soit solide. En effet, ces deux sociétés sont convaincues qu’il est préférable de s’insérer dans une organisation déjà mise en place par les communes que de la chambouler dès le départ. Malgré ces précautions, certains différends avec le personnel des arrondissements communaux ont été recensés et le dialogue est engagé avec les syndicats. Des réunions hebdomadaires sont tenues chez Ségédéma, assure son directeur, Xavier Jourdan.
Dans ce cadre, un règlement intérieur opposable à l’ensemble du personnel est en cours de préparation en collaboration avec les services de la wilaya et de la commune de Casablanca, d’un côté, et des syndicats, de l’autre. Ce règlement devra préciser, selon Inocente Lorite Lopez, directeur général de Tecmed Maroc, «les procédures en termes de gestion du personnel pour ce qui est de la justification des absences ou encore la gestion d’un service minimum en cas de grève».
Par ailleurs, le personnel dispose d’un délai de trois ans pour choisir entre le statut d’employé communal et l’intégration au sein des sociétés en charge de la collecte. Ce délai est d’ailleurs bénéfique pour les deux parties qui disposent chacune d’un temps d’appréciation. En théorie, les sociétés sont invitées à reprendre l’ensemble du personnel des communes mais, en pratique, elles pourront choisir en fonction de la compétence des agents et de leur volonté à adhérer à la culture de l’entreprise. Selon M. Lopez, plus de 80 % du personnel des communes est prêt à s’investir dans cette nouvelle organisation. «Reste à mettre à sa disposition le matériel technique en vue de faciliter sa tâche», ajoute-t-il. D’ici à deux semaines, Tecmed Maroc distribuera aux agents vêtements de travail, gants et bottes.

Tecmed installera 12 400 conteneurs dans ses zones de ramassage

Le matériel technique, quant à lui, est en phase de réception. Tecmed a déjà engagé 140 MDH pour ses investissements, dont 90 % dépensés au Maroc, précise M. Lopez qui insiste «sur la volonté de son entreprise de s’insérer dans le tissu économique marocain». De son côté, Ségédéma a porté son budget d’investissement à 40 MDH contre 34 millions au départ car le matériel des arrondissements communaux s’est révélé hors d’usage, non pas à 15 % (selon les premières estimations), mais à 40 % en raison du défaut de maintenance.
Le matériel d’exploitation en phase d’acquisition est très divers. Il est composé en particulier de bennes tasseuses, de multibennes, de balayeuses mécaniques et de conteneurs.
Ainsi, la seule société Tecmed installera progressivement, d’ici un mois, 12 400 conteneurs dans les quartiers de sa zone d’intervention. Il s’agit de batteries de conteneurs dont le nombre varie en fonction de la densité de la population, qui seront placées à un maximum de 150 mètres de chaque foyer. Pour une meilleure adhésion de la population à la propreté de sa ville, la société a déjà débuté des campagnes de sensibilisation à Sidi Moumen. D’autres suivront dans les autres quartiers avec distribution de dépliants et affichage urbain.
Enfin, les heures de dépôt des ordures ménagères connaîtront sans doute un changement une fois que les sociétés auront réorganisé la collecte qui pourrait devenir non-stop, c’est-à-dire se dérouler 24 heures sur 24.