Ramadan : la restauration tire à peine son épingle du jeu

Les Casablancais sortent de plus en plus pour rompre le jeûne dans les restaurants et hôtels, profitant des terrasses et du beau temps pendant le mois de mai.

«Au Hyatt, on réalise entre 100 et 120 ftours individuels à 590 DH/personne et jusqu’à 800 ftours banquets par jour. Nous connaissons un taux de croissance à deux chiffres de la demande pour les ftours par rapport à l’année dernière. Cela nous permet certes de compenser la baisse d’activité durant le mois sacré, mais pas complètement. C’est un moindre mal en comparaison avec l’effet Ramadan sur l’hébergement», indique Laurent Ebzant, DG de l’hôtel Hyatt Regency Casablanca. En réalité, les Casablancais, les plus aisés du moins, sortent de plus en plus pour rompre le jeûne dans les restaurants et hôtels, profitant des terrasses et du beau temps pendant le mois de mai. «C’est une tendance qui s’est renforcée depuis les huit dernières années où Ramadan coïncide avec les saisons estivales et printanières. Les prochaines années, le temps va se rafraîchir, l’activité des ftours devrait régresser», déclare un directeur d’hôtel de luxe à Casablanca qui facture le ftour à 590 DH. Les prix de ces ftours sont parfois très élevés. Les restaurateurs et hôteliers expliquent cette tarification par des buffets très variés, des stations de chauds, l’offre de produits nobles, une large mobilisation du personnel même pour un minimum de clients. «A partir de 30 personnes, la mise en place d’un buffet pour un nombre équivalent de personnes peut être rentable. Casablanca reste un marché incroyable, notamment grâce aux demandes des entreprises qui invitent leur personnel ou leurs clients. A l’hôtel Farah, je préparais des buffets pour 1000 personnes entre différents groupes de clients», commente Hassan Boulahrire, DG de l’hôtel View de Rabat où la tendance se développe timidement.

Dans les restaurants Paul (20 cafés et restaurants) dont quelques rares points de vente sont ouverts pour les clients étrangers, la baisse d’activité est générale. «Même avec nos formules ftour buffet à 350 DH et ftour à table à 130 DH, la baisse du chiffre d’affaires est drastique. Ramadan est donc l’occasion de réaliser des travaux», déclare Saad El Mokhtari, directeur marketing chez Delipat Paul Maroc.

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