RAM casse les prix sur l’Europe, les voyagistes craignent une perte de clientèle

Aller-retour Casa-Paris à 3 600 DH pour deux personnes. La compagnie nationale s’adapte à la baisse des prix imposée par les low-cost

D’autres craignent, toutefois, de perdre une partie de leurs clients.

Royal Air Maroc sort encore une fois le grand jeu. Après la promotion sur les lignes nationales, elle propose depuis quelques semaines à ses clients à destination de l’Europe deux billets pour le prix d’un. L’offre est valable pour tout l’été, à condition d’acheter le titre de voyage avant le 25 juin. A titre d’exemple, un aller-retour entre Casablanca et Paris coûte 3 600 DH pour deux personnes, soit le prix habituel pour une personne.

Cette offre a fait réagir des agences de voyages qui avaient déjà préparé leurs packages pour l’été sur la base des tarifs non promotionnels de la RAM, et qui craignent de perdre une clientèle qui trouverait leur offre trop chère. Othman Chérif Alami, patron d’Atlas Voyages, dont l’agence confectionne des voyages au départ du Maroc, nuance cette réaction. «Il ne s’agit pas de la même clientèle, et cette offre spéciale de la RAM s’adresse surtout à des couples qui ont l’habitude de voyager vers l’Europe», explique-t-il. Néanmoins, selon ce spécialiste , l’offre spéciale de la RAM «n’est qu’un avant-goût de ce qui va se passer dans le monde du voyage». Il y aura, selon lui, de plus en plus d’offres spéciales, car c’est le seul moyen de faire face à la concurrence des compagnies low-cost qui commencent à commercialiser le Maroc à des prix défiant toute concurrence.

RAM veut démontrer qu’elle peut rivaliser avec les low-cost
Cette stratégie est aujourd’hui confirmée à la RAM. Un responsable indique, à ce propos, que «la compagnie a déjà annoncé qu’elle offrirait des prix promotionnels chaque fois qu’elle le pourrait et veut prouver qu’elle est capable de se battre avec les compagnies low-cost sur leur propre terrain». Les tarifs de la RAM sont pratiquement les mêmes que ceux pratiqués par de grands tour-opérateurs (TO) comme Etapes Nouvelles qui commercialise Paris-Casablanca en aller simple à 123 euros, Agadir à 48 euros et Marrakech à 73 euros, sachant, en plus, que ce sont les avions d’Atlas Blue, filiale low-cost de la RAM, qui assurent ces dessertes.

C’est suffisant pour que certains grands voyagistes s’alarment car les petites agences, qui constituent une partie de leur clientèle, pourront désormais grâce à ces promotions confectionner leurs propres packages. D’autres voient dans la pratique de ces bas prix par les compagnies aériennes un danger pour le tourisme. Les TO qui achetaient en gros les billets d’avions et les chambres d’hôtels, en perdant leurs avantages sur les tarifs aériens, exerceraient des pressions sur les hôteliers, ce qui aurait des conséquences sur leurs chiffres d’affaires.

Une chose est sûre, la guerre des prix qui ira en s’accentuant fera des dégâts parmi les compagnies aériennes. Mais, comme le rappelle Othman Cherif Alami, elle obligera aussi les voyagistes à revoir leurs méthodes marketing, de vente et de gestion surtout qu’ils n’auront plus, comme avant, de visibilité sur plusieurs mois.