Rabat mise sur le luxe et la culture pour attirer plus de touristes

Les arrivées à  la capitale ont augmenté de 7% en 2012. La ville veut se positionner comme « capitale culturelle verte ». Hôtels, musées et parc d’attraction sont prévus pour conforter l’offre haut de gamme.

Du 1er au 4 octobre 2013, Rabat accueillera pas moins de 3 500 maires, représentants de gouvernements autonomes, experts et journalistes, à l’occasion du 4e congrès de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), principale organisation mondiale de villes et villes jumelées. Cet événement de grande envergure fera sans doute les affaires des hôteliers de la capitale. Et à quelques jours du démarrage des festivités de Mawazine, Rabat peut ainsi savourer d’avance un bon cru cette année. Déjà, 2012 s’était clôturée sur une note positive. «La ville a enregistré 285 469 arrivées, dont 176 063 touristes non-résidents et 109 406 touristes résidents», confie Nadia Benslimane, directrice du Conseil régional du tourisme (CRT). Le nombre d’arrivées a progressé de 7% par rapport à 2011. Les nuitées ont, en revanche, enregistré une légère baisse de 2%, à 602 360. Dans le détail, les marchés émetteurs traditionnels parmi lesquels la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont accusé un sérieux coup. Les Français (-13%), les Britanniques (-6%) et les Allemands dans une moindre mesure (-3%) ont quelque peu boudé la capitale. «C’est un signal d’alarme pour nous. Il nous faut reconquérir ces marchés», commente Nadia Benslimane. En revanche, elle s’enthousiasme de «l’explosion» des arrivées du côté des Etats-Unis (+42%), de l’Espagne (+43%) ou encore de l’Italie (+29%). Il nous faut néanmoins rester prudents sur ces évolutions rapides en gardant à l’esprit que ces marchés émetteurs ne sont pas les principaux pour Rabat. Les arrivées des pays arabes, considérés comme un marché constant pour la ville, ont nettement progressé (+12%).

Rabat a fini avec un taux d’occupation «toujours supérieur à la moyenne du pays». «Habituée au tourisme d’affaires et de luxe, la capitale s’en sort ainsi mieux que d’autres villes au Maroc. Nous-mêmes enregistrons un taux d’occupation de près de 70%», confirme Othmane Bargach, directeur de l’hôtel 4* Bélère, dont la rénovation qui a coûté 29 MDH s’est achevée en 2012.

Dernier indicateur, la durée moyenne des séjours est de 2 jours, à l’image de ce qui se passait les années précédentes. Mais les Français qui restaient 3 jours en moyenne, en 2011, se sont retrouvés dans cette moyenne en 2012.

57 projets potentiels ont été identifiés

Quoi qu’il en soit, les résultats sont flatteurs, mais Rabat, qui vit jusque-là dans l’ombre des principales destinations que sont Marrakech et Agadir, voire Casablanca, veut faire mieux. Nouvellement classée au patrimoine mondial de l’Unesco, elle s’est depuis longtemps forgé une image de capitale culturelle du Royaume. Aujourd’hui, elle souhaite même se positionner comme la future «capitale culturelle verte» à l’horizon 2020. «Nous ne cherchons pas un tourisme de masse. Nous souhaitons au contraire positionner Rabat comme une destination de luxe», résume Nadia Benslimane. La ville peut d’ailleurs compter sur une série de projets qui dopera sans conteste l’activité touristique.

La capacité en lits devrait tout d’abord se renforcer d’ici 2015. Avec 4 389 lits, elle est encore trop faible. «En 2012, trois établissements, deux de 3* et un de 4*, ont ouvert à Rabat, soit 255 lits supplémentaires. D’ici 2015, 1 400 autres lits seront offerts grâce à l’ouverture de 6 nouveaux établissements», précise Nadia Benslimane. C’est d’ailleurs principalement du côté du luxe que ces lits seront satisfaits : le Ritz Carlton (ouverture prévue en décembre 2014), le Sun City à Hay Riad (travaux en cours), le Rotana (travaux en cours), le Baccara (travaux en cours) et le Marriott du futur centre commercial Arribat Center en plein Agdal (travaux en cours) forment ainsi la palette luxe des prochains établissements hôteliers de la capitale. Notons toutefois qu’un 2*, baptisé B and B, doit également voir le jour en 2013.

Au jour d’aujourd’hui, Rabat compte 34 établissements classés et quelques maisons d’hôtes. Une douzaine de ces maisons d’hôtes est en cours de classement. Au-delà de l’hébergement, la capitale mise sur une série de projets de grande envergure. «57 projets potentiels sont ressortis d’une étude que nous avons commanditée», explique Nadia Benslimane. Parmi ceux-ci, il y a l’idée d’un parc d’attractions. Afin de parer aux problèmes de foncier de la capitale elle-même, la proposition a été déposée auprès des élus de Skhirat. «Nous attendons leur réponse», affirme la directrice du CRT. Plusieurs musées, dont le Musée d’art moderne et contemporain, sont toujours en cours de réalisation. Un coup d’accélérateur leur ferait d’ailleurs le plus grand bien, vu le retard enregistré. Même l’aéroport de Rabat-Salé profite enfin d’un coup de projecteur : le low-cost irlandais Ryanair assure depuis quelques jours 3 dessertes vers Marseille, Paris-Beauvais et Bruxelles-Charleroi. Une demande a enfin été déposée auprès de l’Office national des aéroports pour qu’une navette bus soit assurée entre l’aéroport et le centre-ville. Le CRT espère qu’elle pourra être mise en place à temps pour accueillir le 4e Congrès de la CGLU.