Rabat : deux nouveaux méga-projets pour la vallée du Bouregreg

Une nouvelle rocade Rabat-Salé livrée en octobre prochain. Le Grand Théâtre de Rabat, déjà achevé à 75%, pourra entrer en service début 2019.

Deux projets d’envergure prennent forme aux abords du Bouregreg à Rabat dans le cadre de la deuxième séquence du grand chantier d’aménagement de la zone. L’agence qui en a la charge (AAVB), dirigée par intérim par Said Zarrou, livrera dans les prochains mois une nouvelle rocade qui reliera Rabat (Avenue Tadla) à Salé (RN6, dite Route de Meknès). Un premier tronçon de 6 km (sur un total de 8 km), reliant l’avenue Tadla à la zone d’El Oulja sur 2×3 voies, sera prêt à être mis en service dès octobre prochain, tandis que le reste suivra à l’été 2018. La rocade, qui mobilisera une enveloppe de 520 MDH, inclut une trémie et un pont dont la réalisation a confronté les prestataires (Bioui Travaux, Stam, Seprob…) à quelques défis techniques eu égard à la nature compressible du sol. Cette nouvelle infrastructure devrait absorber 30% du trafic quotidien entre Rabat et Salé (estimé à près de 100000 véhicules). A l’extrémité de la nouvelle rocade côté Salé, l’AAVB a l’intention de construire un parkway reliant les ouvrages de franchissement du fleuve Bouregreg (qui seront au nombre de 6 avec la nouvelle rocade). Cette voie éclairée et plantée de 7 km de long et dotée de 4 échangeurs nécessitera une enveloppe de 230 MDH. Suivant la mobilisation des fonds nécessaires, les études et travaux de cette voie s’étaleront sur 36 mois, apprend-on auprès de l’AAVB.

La deuxième infrastructure qui occupe actuellement l’agence est le Grand Théâtre de Rabat dont les travaux sont déjà avancés à 75% pour une livraison début 2019. Celui-ci marquera certainement les esprits à plus d’un titre. Massive, la structure couvre une superficie de 25 500 m2 sur un foncier total de 7 ha sur lequel plusieurs aménagements extérieurs sont prévus, notamment des bassins qui doivent donner l’impression que le théâtre est érigé sur une île. L’architecture du bâtiment, une des dernières œuvres de Zahra Hadid décédée en mars 2016, ne passe pas inaperçue non plus par sa fluidité et son caractère organique, ce qui n’a d’ailleurs pas manqué d’en compliquer la réalisation. Les constructeurs de l’ouvrage, d’un budget de 1,67 milliard de DH, doivent en effet se livrer à toute une gymnastique pour garantir le maintien de la structure sur toute la durée du chantier, car celle-ci, du fait de sa forme, ne pourra tenir seule qu’à l’achèvement de la construction et notamment la pose du toit. En termes d’équipements aussi, les équipes de l’AAVB ont vu les choses en grand en isolant méticuleusement le bâtiment sur le plan acoustique de l’espace dédié aux spectacles (le théâtre abrite une salle multi-usages de 1 822 places complétée par un amphithéâtre en plein air de 7 000 places) jusqu’aux fondations. Ultime prouesse, tout aussi massif et original par sa structure, l’ouvrage a été conçu de manière à permettre une diffusion du son comme dans les théâtres anciens, c’est-à-dire sans sonorisation. Pour autant, il sera doté d’équipements scénographiques et de systèmes acoustiques modulables aux standards internationaux. Et il ne s’agit là que du premier élément de toute une cité culturelle qu’envisage d’établir l’AAVB, comprenant une maison du patrimoine, un musée de l’archéologie, une maison de la musique…

Sur un autre front, l’agence chapeaute la première phase de l’extension de la deuxième ligne du tramway de Rabat mise sur les rails en mars dernier. Elle a en outre déjà le regard tourné vers l’aménagement de deux nouvelles séquences de la vallée (3 et 4) dont l’un des points marquants sera une nouvelle zone écologique emblématique pour Rabat.