Quatre sucreries seront cédées cet été

Neuf sociétés sont privatisables en 2005, dont Somathes et Drapor.

Sur les 17 entités figurant sur la liste des privatisables, une bonne demi-douzaine devraient pouvoir être cédées en 2005. Selon la DEPP (Direction des entreprises publiques et de la privatisation), parmi les dossiers les plus avancés, il y a en premier lieu celui des quatre sucreries (Suta, Sucrafor, Surac et Sunabel), dont la première tentative de cession en 2002 s’était soldée par un échec. Aujourd’hui, on estime que, sauf imprévu, l’opération de privatisation des quatre sucreries devrait aboutir avant le mois d’août 2005. L’audit et l’évaluation des quatre sociétés étant achevés, l’Organisme d’évaluation devait se réunir fin mai pour en déterminer le prix minimum ; après quoi, ce sera au tour de la Commission des transferts de fixer le schéma de privatisation. Bien que la possibilité existe de procéder à la cession directe de ces entités (puisqu’elles avaient déjà fait l’objet d’un appel d’offres), le ministère des Finances préfère mettre en concurrence les candidats potentiels à travers un appel d’offres.
Du coup, la question de savoir est-ce qu’il faut libéraliser le secteur avant de privatiser, ou inversement, ne se pose plus : on privatise d’abord, on libéralise ensuite. Apparemment, pas mal de repreneurs ont manifesté leur intérêt vis-à-vis des quatre sucreries, et c’est cela qui semble avoir déterminé l’option retenue.

Les revenus des monopoles et les recettes fiscales pour combler le déficit
Les deux autres entreprises dont les dossiers sont également avancés sont Drapor (société de dragage des ports) et Somathes (société marocaine du thé et du sucre). Les audits et les évaluations ont été réalisés, il reste à réunir l’Organisme d’évaluation et la Commission de transfert. «Ça ne saurait tarder», confie-t-on à la DEPP. Mais, précise-t-on encore, s’il n’est pas acquis que la cession de Drapor intervienne en 2005, il y a cependant de «fortes chances» que Somathes, elle, soit privatisée cette année. En revanche, le reliquat (12 %, soit 30 MDH) du capital public de la Somaca (société de construction automobile) sera, comme convenu, cédé en novembre prochain au constructeur français Renault, qui en a déjà acquis 26 % pour 65 MDH.
Enfin, deux autres sociétés, d’importance modeste, sont au même stade que Drapor et Somathes : il s’agit de la société chérifienne des sels (SCS) et de la Société des sels de Mohammédia (SSM). Mais eu égard à leur petite taille, leur cession n’urge pas, elle pourrait n’intervenir qu’en 2006.
Au total, cela fait neuf sociétés qui, théoriquement, sont prêtes pour basculer dans le privé en 2005. Mais en dehors de la Somaca, dont le repreneur et la date de reprise sont connus d’avance, ainsi que des quatre sucreries, dont la cession en 2005 est presque certaine, aucun calendrier précis n’est fixé pour les quatre autres entités. A ce compte, les 12 milliards de dirhams prévus dans la Loi de finances au titre des recettes de privatisations ne seront évidemment pas atteints. Mais n’oublions pas que la cession de 16 % de Maroc Telecom à Vivendi (annoncée pour fin novembre 2004, mais comptabilisée en 2005) a déjà rapporté 12,6 milliards de dirhams, dont la moitié est allée au Trésor public -, l’autre moitié étant versée au Fonds Hassan II. Cela dit, il y a les revenus des monopoles sur lesquels il faut compter et, on peut l’ajouter, les recettes fiscales qui semblent évoluer très favorablement cette année. De sorte que le déficit retenu de 3 % du PIB peut parfaitement être réalisé.
Un moment, on avait parlé de la possibilité de céder, en 2005, Biopharma (société de productions biologique, pharmaceutique et vétérinaire) et Cotef (complexe textile de Fès). Mais alors que la première n’est pas encore tout à fait prête, la seconde, elle, se débat dans d’énormes problèmes, au point que, de plus en plus, il est question de la restructurer d’abord, afin de pouvoir la céder plus tard dans de meilleures conditions.
A la DEPP, la réflexion est en cours en vue d’ajouter d’autres sociétés à la liste des privatisables. Il est déjà question de la Comanav, et un projet de loi relatif à ce rajout est prêt ; la cession de cette société de transport maritime devant intervenir en 2006.