Quand l’Etat squattait sans se gêner

Il n’ y a pas que les bidonvillois pour squatter les terrains des privés. Même l’Administration le fait. La preuve, le prêt de la Banque mondiale pour la rationalisation de la gestion du domaine privé de l’Etat (PRGD)

Il n’ y a pas que les bidonvillois pour squatter les terrains des privés. Même l’Administration le fait. La preuve, le prêt de la Banque mondiale pour la rationalisation de la gestion du domaine privé de l’Etat (PRGD) a consacré tout un volet aux terrains «squattés» par certains ministères, notamment pour y construire des édifices publics. Le cas le plus flagrant est celui du ministère de l’Education nationale qui, durant des années, a construit des écoles et autres édifices sur des terrains qui n’étaient pas encore achetés, ou pour lesquels le financement n’avait pas encore été inscrit au Budget. Le ministère demandait, après coup, au propriétaire d’aller se faire payer auprès des Domaines. En 2002, au moment de la mise en place du prêt, les arriérés accumulés par l’Administration au titre de ces opérations de «squat» s’élevaient à 3 milliards de DH, dont 2,1 milliards imputables au ministère de l’Education. L’Etat marocain avait proposé de réduire ces arriérés le plus tôt possible, en y affectant une enveloppe annuelle de 115 MDH. Mais sur insistance de la Banque Mondiale, mécontente, le gouvernement y a consacré environ 450 MDH par an, du moins pour 2003 et 2004.