Qualité des logements : le label FNPI en phase de test

Trois projets immobiliers sont audités à  blanc pour tester le dispositif. Le tarif de la labellisation comprend une cotisation profitant à  la FNPI entre 25 000 DH et 200 000 DH et un coût de certification de 7 000 DH hors taxe jour-homme.

La Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) est sur le point de lancer son label qui distinguera les meilleurs projets immobiliers, entre autres en termes de confort apporté aux acquéreurs. Elle est en effet en train de tester le nouveau dispositif avec trois projets audités à blanc entre fin août et début septembre.

C’est que, quasiment toute la procédure entourant le label est aujourd’hui arrêtée, à commencer par le dossier administratif à constituer par le promoteur désirant labelliser un de ses projets, qui est déjà mis à la disposition des professionnels. La FNPI a également entériné une convention avec l’Association des certificateurs du Maroc (ACM), chargée de l’audit des projets candidats pour une labellisation, fixant par la même la tarification du label. Les promoteurs devront verser une cotisation revenant à la FNPI, calculée en fonction du nombre et du type de logements (social conventionné, appartement ou villa) dont le montant varie de 25000 DH à 200 000 DH. Ce à quoi s’ajoute un coût de certification revenant à l’ACM qui s’élève à 7 000 DH hors taxe jour-homme.

A présent, la FNPI planche sur la constitution du comité d’octroi du label, qui inclura le ministère de l’habitat. Un autre volet qui occupe la fédération est celui de la stratégie de communication à mettre en œuvre autour du nouveau dispositif. L’on se doute bien que ce dernier aspect sera crucial pour le succès de la labellisation autant auprès des promoteurs que des acquéreurs de logements. Et c’est à dessein que la FNPI ne lésine pas sur les moyens sur ce plan. Il faut préciser d’abord que le label sera présenté au grand public sous un nom évocateur : Iltizam (engagement). La fédération devrait lever le voile sur le nouveau label dans les prochains jours à travers l’organisation d’une conférence d’ampleur rassemblant plusieurs départements publics, la CGEM… Ensuite, l’idée est d’organiser des tournées régionales dans les principales villes. Déjà, la FNPI a tenu depuis fin juillet des rencontres individuelles avec ses adhérents en vue d’apporter des explications détaillées sur la labellisation. Pour appuyer toutes ces actions, un plan de communication propre au label devrait également être déroulé. Il comprend des campagnes presse et d’affichage, une cérémonie de remise de label, une communication personnalisée pour les promoteurs labellisés sans compter la communication qui interviendra à travers un portail dédié au label.

Sept critères d’évaluation

Le nouveau label de la FNPI évaluera les projets sur 7 critères. Il s’agit en premier de la déontologie, jugée concrètement à travers les efforts déployés en matière d’information du client, son accueil, son suivi et son écoute. Vient ensuite l’évaluation du respect de la réglementation à tous les stades de réalisation du programme, ce qui suppose d’impliquer tous les professionnels habituels dans l’acte de bâtir, de faire appel à des entreprises et des fournisseurs de qualité et de bien dresser les contrats nécessaires. Le label s’intéresse également aux conditions techniques du projet en s’assurant que ce dernier dispose d’un cadre de coordination et de contrôle, qu’il respecte les normes de solidité et de sécurité incendie ou encore qu’il offre bien un confort thermique et acoustique aux acquéreurs. Un autre aspect évalué porte sur les conditions d’hygiène et de sécurité au niveau du chantier. Sont notamment appréciés le cadre d’organisation, de planification et de suivi du chantier ou encore les conditions de sécurité (ingénieur sécurité, installations provisoires, équipement individuel des ouvriers, machines…). Le nouveau label tient également compte de l’assurance et il n’est accordé que si l’ensemble des intervenants sont couverts par l’assurance civile professionnelle, sans compter la souscription d’une garantie tous risques chantiers ainsi que la responsabilité civile décennale. Enfin, le futur certificat s’intéresse à la prise en compte du développement durable par le projet (chauffe-eau solaire, matériaux isolants…) ainsi qu’aux efforts en matière d’innovation (conception architecturale, accessibilité, approche marché centrée client…). 

En poussant ainsi les professionnels vers la qualité, la FNPI espère contribuer à structurer et réglementer un secteur très faiblement normalisé. Les acquéreurs, pour leur part, y gagnent un repère sur un marché où il reste difficile de distinguer le bon grain de l’ivraie.