Publicité sur mobile : un marché d’à  peine 1 MDH en 2012, mais un avenir prometteur

Les premières campagnes publicitaires sur applications mobiles ont débarqué fin 2012. Une dizaine d’entreprises marocaines ont déjà  communiqué via la m-pub. Les plus actifs sont les opérateurs télécoms, les banques et les assurances.

En utilisant les applications installées sur votre smartphone, qu’elles soient marocaines ou étrangères, vous avez certainement remarqué des publicités émanant d’annonceurs marocains. Ce moyen de publicité, appelé «m-pub», décolle à peine au Maroc mais déjà son avenir semble prometteur. «L’utilisation des smartphones est de plus en plus importante et les éditeurs ont pris conscience de l’intérêt d’avoir des applications mobiles. Cela crée un nouveau vecteur de communication pour les annonceurs», résume ainsi Sophia Assad Skalli, directrice associée de Pub Online. Au Maroc toutefois, les annonceurs semblent pris de court. Entre l’Internet et les réseaux sociaux, la palette de supports marketing s’est élargie rapidement, au point qu’il faudra un temps d’adaptation aux annonceurs. Mais ce temps pourrait bien être court. «Les annonceurs s’intéressent aux internautes. Ces derniers ont déjà largement basculé sur le mobile pour surfer sur le web et utiliser les applications mobiles qu’ils ont téléchargées. Le marché publicitaire n’exploite pas encore suffisamment ce changement mais ça ne saurait tarder dans les mois à venir», confirme Sophia Assad Skalli. La tendance s’accélère déjà. «En 2012, le marché de la publicité sur applications mobiles a avoisiné le million de DH. Cela ne représente pas grand-chose car ce marché est trop jeune mais l’intérêt est grandissant. La majorité des campagnes m-pub ont été réalisées sur le dernier trimestre 2012 et ont donné d’excellents résultats», nous confie la responsable.

Un coût plus élevé mais un meilleur rendement

Une dizaine d’annonceurs marocains ont déjà utilisé la m-pub. A l’image de la publicité sur Internet, ou e-pub, les entreprises les plus actives en matière de m-pub sont les opérateurs télécoms, les banques et les assurances. «La m-pub intéresse l’ensemble des annonceurs. Nous avons dernièrement réalisé des campagnes m-pub pour un distributeur de soda, des centres de formations, un annonceur high-tech et d’autres encore», indique-t-on chez Pub Online. A noter que cette dernière propose de la publicité mobile depuis 2007. «Tous nos clients veulent communiquer via le mobile. Il nous faut donc répondre aux besoins exprimés par les annonceurs», explique pour sa part Mohamed Benboubker, DG en charge du développement de Mobiblanc, développeur d’applications mobiles au Maroc. Après avoir développé une vingtaine d’applications mobiles pour ses clients, Mobiblanc s’apprête à lancer dans les prochains jours une régie publicitaire dédiée au mobile. Elle sera d’abord dédiée aux clients de Mobiblanc avant d’être ouverte à tous les annonceurs qui le souhaitent.

Encore très peu d’opérateurs au Maroc

«Grâce à nos applications, nous avons une large audience que nous pouvons par conséquent faire valoir auprès des annonceurs», commente M. Benboubker. Et d’ajouter : «Fondamentalement, la publicité sur mobile est plus pertinente et plus valorisante. L’annonceur peut en effet communiquer de façon plus qualitative que quantitative».

Même constat auprès de Mme Assad. «La communication digitale offre d’énormes avantages aux annonceurs tels que la mesure de l’efficacité de la publicité en ligne», explique-t-elle. Une fois la publicité mise en ligne, l’annonceur peut facilement connaître toutes les infos sur les personnes ayant cliqué sur ladite publicité. «Grâce à des outils comme Google Analytics, on peut savoir quelles pages du site ont été visitées, combien de temps le mobinaute y est resté, s’il a acheté quelque chose, dans quel pays et quelle ville il se trouve…», nous dit-elle.

Ces avantages font que la publicité sur applications mobiles coûte légèrement plus cher que la publicité sur Internet. «La m-pub s’achète et se vend selon les mêmes principes que l’e-pub, soit par milliers d’impressions et/ou par clics. Le coût varie beaucoup selon les supports et le mode d’achat», explique Mme Assad. Il n’empêche que la publicité digitale de manière globale demeure moins chère que les annonces presse par exemple. «Si l’on prend l’exemple des sites Internet de presse, vous pouvez avoir une présence d’un mois sur leur site avec une bonne visibilité pour le prix d’un seul passage sur une page papier», commente Mme Assad. Aujourd’hui, environ une dizaine de régies web existent au Maroc. Toutefois, les sociétés qui disposent d’une réelle expertise en la matière se comptent sur les doigts d’une main. Il faut dire qu’une telle activité fait appel à des compétences technologiques comme le marketing pointu. Car le risque de tomber dans le non-respect de la vie privée des utilisateurs de smartphones peut être rapidement atteint par des non-spécialistes (voir encadré).