Protection sociale : encore du chemin à  faire, malgré l’amélioration du dispositif

La majorité des salariés du privé ne bénéficie d’aucune couverture. La CDG travaille pour une plus grande ouverture sur les indépendants.

S ’il y a un thème sur lequel la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) se bat sans interruption, c’est  bien la mise en place d’un système de protection sociale viable et pérenne. Normal, parce que c’est une de ses principales missions. C’est à ce titre que l’Institut CDG a organisé, les 18 et 19 octobre, à Skhirat, un colloque international sur l’extension de la protection sociale. Cette rencontre internationale se tenait au lendemain de la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté célébrée un peu partout dans le monde le 17 octobre.

C’est un sujet d’actualité parce qu’il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine au Maroc. En effet, si tous les employés du secteur public sont couverts, dans le secteur privé, 79% des salariés n’ont pas de protection sociale, alors que personne n’est à l’abri d’un accident de la vie (maladie, chômage, invalidité…) et que la retraite est fatalement l’aboutissement de toute vie active auquel tout un chacun doit se préparer.

La retraite reste le gros dossier à traiter avec plus de célérité

Le DG de la CDG, Anass Alami, qui a mis en évidence les réalisations de plusieurs pays d’Amérique Latine et d’Afrique, a toutefois souligné que le pays a mis en place différents dispositifs de lutte contre la pauvreté, ainsi que pour l’accès à l’éducation et aux services de santé. Il a cité, entre autres, le système de compensation, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), le programme Tayssir qui apporte un soutien financier direct aux familles des élèves les plus démunis, et le Régime d’assistance médicale pour les économiquement démunis (Ramed), tous de nature à renforcer la cohésion sociale. Il en va de même pour l’Assurance maladie obligatoire (AMO) qui a permis à de nombreux salariés du privé et leur famille, jusqu’alors ignorés, de pouvoir bénéficier, plus facilement des soins de santé.

Mais le gros dossier de l’heure pour la CDG comme pour les pouvoirs publics, les syndicats et les entreprises, est la réforme du système de retraite, un point fondamental de la protection sociale, qui traîne depuis quelques années. L’enjeu, pour les participants au colloque, c’est la viabilité financière à long terme. L’objectif de la CDG, directement impliquée dans la réforme, est d’étendre la protection à une plus large frange de la population, notamment les indépendants.

Selon M. Alami, «les caisses de sécurité sociale pourraient consacrer leurs énergies à cette frange de la population en se dotant des moyens nécessaires pour relever ce défi».