Protection de l’environnement : 100 microprojets financés en 10 ans

L’enveloppe dédiée à  ce programme est de 11 millions de dollars.
Le financement peut aller jusqu’à  50 000 dollars par projet.
La moitié des projets concerne la biodiversité.

Protéger l’environnement est devenu le credo de nombreuses associations à travers le monde, et cette tendance lourde est aussi amorcée au Maroc. Des communautés très isolées se réunissent pour mettre en place des actions de préservation de l’environnement, tout en misant sur l’amélioration de leur propre qualité de vie. Pour accompagner des initiatives du genre au Maroc, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) soutient depuis 1999 des actions locales, à travers le Programme de micro-financements du FEM (PMF FEM). Le programme entrera en janvier prochain dans sa cinquième phase. Une belle durée de vie qui permet de s’aventurer à dresser un bilan. Depuis ses débuts, le programme, exécuté par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a déjà profité à près d’une centaine de projets, soit presque autant d’associations ou regroupements communautaires marocains.
L’enveloppe globale est de 11,1 millions de dollars (88 MDH), dont 3,6 millions apportés par le FEM, 4,2 millions par des partenaires, notamment l’Agence de développement social, l’Union européenne et le Secrétariat d’état chargé de l’eau et de l’environnement, et une contribution en nature des bénéficiaires de l’ordre de 3,3 millions.

Trente projets déjà clôturés

Chaque projet est d’abord formulé grâce à l’assistance technique du PMF FEM puis présenté à la Commission nationale de direction (CND), composée d’experts nationaux, de représentants du gouvernement et du PNUD et de membres de la société civile. Le financement peut aller jusqu’à 50 000 dollars (400 000 DH), une belle somme à gérer pour de si petites structures. Le montant moyen est d’ailleurs de 30 000 dollars (240 000 DH). Chaque année, 14 projets doivent être approuvés. Le potentiel total dépasse donc 300 projets.
Afin de délimiter un cadre pour ceux qui sont à financer, cinq thématiques ont été prédéterminées. Ainsi, les projets éligibles doivent contribuer à résoudre les problèmes environnementaux liés aux changements climatiques, à la biodiversité, aux polluants organiques persistants, aux eaux internationales et à la dégradation des sols. D’après les statistiques fournies par Badia Sahmy, assistante du programme, 51% des projets concernent la biodiversité. Le reste est réparti entre l’adaptation aux changements climatiques (31%) et la dégradation des sols (13%), les polluants organiques persistants (3%) et les eaux internationales (2%).
L’équipe du programme prévoit  de renforcer la sensibilisation des communautés pour stimuler la formulation de projets dans ces deux derniers domaines encore trop peu investis. Géographiquement, 33 projets se concentrent sur la région de Souss-Massa-Draa et 17 projets sur la région de Meknès-Tafilalet. Guelmim-Es Smara en compte 9 et Marrakech 7. Les autres sont localisés dans plusieurs autres régions.
Plusieurs réserves naturelles, parcs nationaux, sites d’intérêts biologiques et écologiques (SIBE) sont par ailleurs concernés par ces projets.
Reste à maîtriser les impacts à long terme sur les populations concernées. Au vu de la taille des associations concernées, il n’est pas rare que l’exécution du projet soit ralentie par le manque de compétence en matière de gestion. Un soutien technique du PMF FEM plus approfondi qui nécessite du temps est alors nécessaire, au détriment de l’exécution même des projets. Face à ce constat, le PMF FEM a décidé de réorienter son appui vers des ONG de taille intermédiaire, dont les capacités de gestion ont atteint un certain niveau de maturité. A ce jour, plus d’une trentaine de projets sont déjà clôturés, 20 autres devraient l’être en décembre 2010. Notons que ce programme est réalisé dans 111 autres pays et 12 000 projets sont déjà financés.