Proparco a investi 400 millions d’euros en vingt ans de présence au Maroc

L’institution cible principalement le capital investissement, l’accompagnement des banques en Afrique et la micro-finance. Elle compte se renforcer prochainement dans le financement des infrastructures.

Avec son prêt de 10 millions d’euros, accordé le 7 septembre à la Fondation Banque Populaire pour le microcrédit, Proparco renforce un peu plus son ancrage au Maroc. La filiale de l’Agence française de développement (AFD), dont la vocation est d’accompagner le secteur privé dans les pays du sud, a en fait investi en 20 ans de présence au Maroc près de 400 millions d’euros. Cette manne, précise Laurent Demey, directeur général délégué de Proparco, a profité à trois principaux champs : le capital investissement, l’accompagnement des banques marocaines en Afrique subsaharienne et la micro-finance, investie par Proparco depuis 2008. Dans les années 90, cette dernière octroyait même des crédits aux entreprises, «ce qui ne se fait plus à présent en raison du degré de maturité du secteur bancaire», rappelle Amaury Mulliez, représentant de Proparco au Maroc. Car en dépit de son objectif de rentabilité, l’institution ne se pose pas en concurrent des investisseurs et prêteurs privés. Son objectif premier est plutôt d’«investir sur le long terme dans des secteurs qui profitent au développement et qui n’intéressent pas spécialement les investisseurs classiques en termes d’horizon de placement, de type d’activité ou de localisation des projets», précise M. Demey.

Proparco est présente dans le capital de 80 PME marocaines

Pour le capital investissement, Proparco cible certes les secteurs classiques (activités manufacturières, agroalimentaire…), mais elle investit aussi dans des domaines plus atypiques tel l’éducation ou la santé et s’engage exclusivement sur des fonds de soutien aux PME. Elle est présente dans le capital de 80 entreprises marocaines à travers 5 fonds pour une mise approchant 30 millions d’euros.
S’agissant du soutien aux banques marocaines pour leur développement en Afrique, Proparco accompagne, entre autres, Attijariwafa bank, la BCP et BMCE Bank, sachant que cette dernière est actionnaire de l’institution. «L’axe Maroc-Afrique continuera d’être un champ d’intervention privilégié en raison de son caractère déterminant pour le développement du pays», insiste M. Demey.
Quant à la micro-finance, le management de Proparco qui, en plus de la Fondation Banque Populaire, a déjà prêté à Al Amana, estime que le secteur demeure porteur en dépit de la zone de turbulence traversée ces dernières années. En plus de ses trois champs d’activité historiques au Maroc, Proparco envisage de se renforcer dans le financement des infrastructures. «Nous étions peu présents sur ce type de projets», informe M. Mulliez, mais les sollicitations du secteur privé en la matière semblent avoir repris en force à présent.