Produits miniers hors phosphates : 1.7 million de tonnes exporté en moyenne par an

Ils sont constitués essentiellement de barytine, sel, bentonite, fluorine, zinc et manganèse. Producteur de petite taille, le Maroc a peu d’emprise sur le marché mondial. L’investissement dans la mise en valeur est considéré comme un moyen de surmonter la pression des gros producteurs.

Le sous-sol du Maroc ne contient pas que du phosphate. En moyenne, 1,7 million de tonnes de différents autres minerais, soit 6% de la production minière globale, est extraite chaque année dans différentes régions. Ces ressources sont constituées surtout de barytine (572 000 tonnes), de sel (503 000 tonnes), de bentonite (110 000 tonnes) et, dans une moindre mesure, de fluorine, de zinc, de cuivre et de manganèse. Ces matières sont presque exclusivement destinées à l’exportation. Comme tous les produits du sous-sol, les recettes engrangées varient en fonction de la demande mondiale, mais surtout de la stratégie commerciale des principaux pays producteurs qui dictent les règles sur le marché en modulant leurs offres pour orienter les cours.

Ainsi, en 2011, les exportations de plomb ont atteint 41 850 tonnes contre 40 945 un an auparavant, soit une progression de 28,8%. Les recettes s’élèvent à environ 795 MDH. La même tendance est observée pour le baryum. Les exportations ont augmenté de 3%, à 81 288 tonnes, engendrant des rentrées de 152 MDH. De même, les exportations des minerais métallifères ont enregistré une hausse d’environ 42% permettant de faire rentrer 27 MDH en équivalent devises.

A l’opposé, le cuivre accuse le coup avec des exportations d’une valeur de 542 MDH, en recul de 11% par rapport à son niveau de 2010. Les exportations de zinc s’établissent elles aussi sur un trend baissier. Elles se sont délestées de 12,6% de leur volume, à 73 600 tonnes contre 92 600 un an auparavant. Même tendance pour l’argile et le kaolin dont les exportations ont dévissé de 11%, à 77 000 tonnes avec des recettes de 504 MDH. Le manganèse, pour sa part, a vu ses volumes à l’export diminuer d’environ 37% en 2011. Les ventes ont porté sur 59 000 tonnes contre 91 300 t un an auparavant. Les recettes rapportées tournaient autour de 89 MDH.

3 655 permis délivrés jusqu’en 2010

De l’avis des opérateurs du secteur, ces performances mitigées traduisent le fait que les unités en activité ne sont pas toutes logées à la même enseigne, et reflètent également les efforts des uns et des autres pour coller au marché, et ce, suite à la crise internationale de 2008 qui a bouleversé plusieurs pans de l’industrie minière à travers le monde. Faisant en sorte que les développements et les programmes de recherche accusent le pas, tout en rétrécissant les champs d’utilisation et d’écoulement du produit final, avec, en marge, la persistance de grandes difficultés pour le financement des mineurs. «Chaque minerai a son cycle de l’après-crise et sa période d’euphorie», explique Ahmed Benjilani, directeur général de la Société anonyme chérifienne d’études minières (Sacem), filiale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym) qui exploite une mine de manganèse située dans la région de Ouarzazate. La Sacem fournit 12 clients répartis sur les quatre coins du monde. Son management a contourné la période de l’après-crise en cherchant d’autres chaînes de valeur, notamment à travers le perfectionnement du manganèse pour en tirer les vertus chimiques, qui comportent une plus-value supérieure au manganèse métallurgique. «Nous avons fait ce choix parce que vers la fin de 2008, le marché mondial a été contrôlé par deux producteurs brésilien et australien qui font la pluie et le beau temps au niveau des cours mondiaux du manganèse. Ils bradent les prix vu qu’ils exploitent à plein ciel au lieu d’extraire le minerai à partir de la mine, ce qui les avantage amplement», explique M.Benjilani. Aujourd’hui, l’opérateur a une marge de manœuvre sur les dérivés du manganèse, dont il fixe aisément les prix et les marges, et participe de cette manière à équilibrer son modèle économique, qui n’est plus celui de l’avant-crise.

Au Maroc, l’activité minière est relativement atomisée. Le patrimoine minier est réparti entre les sociétés minières (45%), les opérateurs individuels (35%) et l’Onhym (20%). Jusqu’en 2010, 3 655 permis de recherche avaient été délivrés. Le secteur réalise 6% du PIB, et, avec l’OCP, il constitue le premier exportateur du pays.