Produits du terroir : Maroc Taswiq encadre 15 000 coopératives

Pour valoriser l’offre, des logos ont été créés et une plateforme de distribution installée en France. Une Bourse de l’Economie sociale sera créée afin de permettre aux producteurs de vendre à un meilleur prix.

Les résultats de l’audit stratégique de l’Office de commercialisation et d’exportation, rebaptisé Maroc Taswiq, ont été exposés en décembre dernier. Plusieurs scénarios destinés à clarifier son rôle et son positionnement ont été proposés et feront l’objet de discussion au niveau du gouvernement. L’une des principales pistes est de positionner l’établissement dans la valorisation de la production des produits du terroir des coopératives agricoles. En attendant, son directeur général Najib Mikou explique que «le chantier des réformes de l’organisme est aujourd’hui bouclé. Nous avons ainsi restructuré la maison et réconcilié l’OCE avec les procédures légales de gestion». Et de poursuivre: «Nous avons depuis 2009 tenu douze conseils d’administration, soit deux fois par an, ce qui a permis au conseil de remplir pleinement ses fonctions : décider de la stratégie à suivre, certifier les comptes et déterminer les budgets de Maroc Taswiq». Plusieurs outils de gestion, notamment un manuel de procédures, un organigramme, un règlement des marchés ou encore un statut du personnel sont mis en place. Les comptes sont également assainis. Egalement à l’actif de l’établissement, la certification par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) des stations de conditionnement de Berkane (capacité de 10 000 tonnes de clémentines) et de Sidi Slimane (25 000 tonnes d’agrumes).

Un incubateur des coopératives pour la valorisation des produits du terroir

Durant les cinq dernières années, Maroc Taswiq a joué le rôle d’incubateur pour les coopératives en vue de la valorisation des produits du terroir, de la création de la valeur ajoutée et de la création d’emplois. Le réseau de coopératives compte actuellement 15 000 unités contre 4000 en 2006. Dans le cadre de cet accompagnement 12 magasins solidaires, dont certains sont gérés par des franchisés, ont été ouverts dans plusieurs villes du pays, entre autres  à Casablanca, Agadir, Mohammédia et Béni-Mellal. Le panier moyen du magasin est de l’ordre de 350 DH. Six ouvertures sont prévues à Oujda, Témara, Tanger, Rabat…

Pour la commercialisation toutes les familles de produits ont leur logo: Treasure Food (pour l’huile d’olive, d’argane), Maroc Végétal (les fruits et légumes), Novel (cosmétiques) et Oasis (pour les dattes). Pour ce dernier produit, une opération de communication sera menée dans les magasins solidaires ainsi que dans certaines enseignes de la grande distribution afin de le valoriser face aux produits algériens, tunisiens et autres…

A l’export, l’accès au marché de l’Union Européenne se fait via une plateforme de distribution implantée en France. Un guide des Bonnes pratiques de production est élaboré en vue d’obtenir l’agrément du ministère de la santé. Cela concerne essentiellement l’argane, le safran, l’eau de rose, le couscous et l’huile de cactus. «Ces produits ont un important potentiel d’exportation vers l’Italie, l’Allemagne, les Etats-Unis et la Russie», explique Najib Mikou, qui annonce le lancement imminent de la première Bourse de l’économie sociale. «C’est un projet qui me tient à cœur et qui va permettre une grande valorisation des produits du terroir et précisément le caroube, azir, argane et le piment de Béni-Mellal», argumente-t-il. Cette bourse cible les grands utilisateurs de ces produits, notamment les laboratoires pharmaceutiques, cosmétiques ainsi que l’industrie alimentaire. Ils pourront faire leurs achats à un cours fixé en fonction du marché, ce qui améliorera les revenus des coopératives dont une grande majorité tire très peu de leurs produits…