Production des cahiers, la campagne actuelle s’annonce compliquée

• L’approvisionnement en matières premières, qui se fait une année à l’avance, est décalé jusqu’à la fin d’année, au moins.
• La fourniture sera secondarisée au profit des manuels scolaires.

La reprise sera difficile à la fois sur les bancs et chez les producteurs de cahiers. Bien que la campagne actuelle soit à ses débuts, ce qui rendra toute prévision impertinente, les producteurs des cahiers estiment qu’il y aura une baisse du marché d’environ 25%, minimum. Globalement, les cahiers représentent un marché d’environ 350 millions de dirhams. Concernant les fournitures scolaires, difficile d’en estimer l’ampleur. Selon Jalil Benddane, directeur général de MAPAF et président de l’Association marocaine des producteurs de cahiers, les ménages prioriseront les manuels, indispensables pour une éducation en présentiel ou à distance.
Les autres produits, notamment la fourniture scolaire, seront relégués au second plan. Pour les sacs et les trousses scolaires, on sait déjà que ce segment est sinistré. La rentrée scolaire cette année étant imprégnée d’incertitudes, les prévisions habituelles pour les derniers ont été bouleversées. Ce constat est exacerbé par les informations contradictoires qui circulent sur la rentrée scolaire et qui ont créé un climat de suspicion dans le secteur de la production des cahiers. «Ces informations contradictoires empêchent le business de décoller», résume-t-il. Résultat : les demi-grossistes n’achètent pas.

Les impayés de la campagne précédente s’élèvent à 25%

D’un côté, cela est normal, vu le peu de visibilité qu’ils ont. D’un autre côté, ils n’arrivent pas à écouler les commandes acquises auprès des industriels. Selon M. Benddane, deux constats rendent cette rentrée difficile. Premièrement, il s’agit du retard de paiement hérité de la campagne précédente, qui s’élève à environ 25% de l’ensemble des ventes selon les estimations. Deuxièmement, les stocks chez les acquéreurs n’ont pas encore été écoulés, ce qui limite les commandes.
Par ailleurs, les professionnels rapportent un grand nombre d’annulations des commandes effectuées au cours des douze mois précédents. De leur part, les industriels, producteurs et importateurs de cahiers scolaires effectuent leurs commandes parfois jusqu’à une année à l’avance. C’est le cas de MAPAF qui a fait ses commandes de matières premières depuis août 2019. Actuellement, tout a été chamboulé. «Comme nos clients, nous n’avons pas encore utilisé tout notre stock et on préfère temporiser car la situation n’est pas du tout claire. Nous allons donc décaler nos achats», poursuit M. Benddane. Ce manque de visibilité empêche également les professionnels de prévoir un quelconque impact sur les prix des matières premières, à la hausse ou à la baisse.