Privatisations : l’Etat réussira-t-il à  tenir ses délais ?

Près de 6 milliards de DH sont budgétisés pour 2006.
Drapor et Somathes, auditées, ne sont toujours pas mises en vente.

Le ministère des Finances réussira-t-il à  engranger les 5,9 milliards de DH sur lesquels il table au titre des recettes de privatisations pour l’exercice budgétaire 2006 ? La question mérite d’être posée au vu de l’avancement des opérations d’audit, d’évaluations et autres formalités qui précèdent les cessions d’entreprises publiques.

Ainsi, pour la Comanav, qui sera assurément la plus grosse opération eu égard à  la taille de la compagnie, la mission d’audit lancée en janvier n’est toujours pas achevée. Et même si, du côté de cette entreprise, on reste confiant quant au bouclage de l’opération avant fin 2006, l’achèvement de l’audit n’est que le commencement d’un long périple. Le rapport devra par la suite être soumis à  l’organisme d’évaluation chargé de fixer le prix minimum de l’offre, qui a en main deux autres gros dossiers, ceux de Drapor et de Somathes (ex-Office national du thé et du sucre). Pour ces deux dernières, en effet, les missions d’audit avaient été finalisées et la direction des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP) avait annoncé en décembre dernier que les rapports définitifs, bouclés courant 2005, allaient être remis à  l’organisme d’évaluation. On rappellera que la même direction avait annoncé début 2005 qu’elle envisageait de vendre ces deux entreprises le plus tôt possible – la même année – et qu’elle allait mettre en place un programme prioritaire. Mais, apparemment, rien n’a été fait, presque un an et demi après le lancement de l’appel d’offres pour leur audit (en mai 2004).

Aucune date n’est fixée pour la mise en vente de Sonacos
Pour l’autre entreprise publique inscrite au programme 2006, en l’occurrence la Sonacos, la mission d’audit et d’évaluation était toujours «en cours de réalisation». Aucune date fixe n’était avancée pour la mise en vente. Toujours est-il que l’on sait qu’après l’avis de l’organisme d’évaluation, la procédure en vigueur veut que la Commission des transferts émette un avis sur le schéma de transfert arrêté pour chaque entreprise. Il restera enfin les 20% de la Régie des tabacs. Des tractations à  ce sujet sont en cours depuis quelque temps entre les pouvoirs publics et le groupe Altadis.

En l’absence d’explications sur ces retards – les principaux responsables de la DEPP étaient injoignables à  l’heure o๠nous mettions sous presse – et au vu de toutes ces données, l’on peut se demander si les pouvoirs publics pourront boucler les opérations prévues au programme 2006.