Prévisions du HCP : Un taux de croissance de 3,9% à fin mars

La production végétale afficherait une croissance notable, et ce sous l’hypothèse d’une régularité spatio-temporelle des pluies pendant les mois de février et mars 2017. Cette amélioration sera tirée par celle des rendements et des surfaces semées des cultures précoces.

Les perspectives économiques des trois mois à venir sont prometteuses. La croissance devrait s’accélérer au premier trimestre 2017. C’est à quoi s’attend le Haut-Commissariat au Plan. Dans son premier point de conjoncture de l’année, Ahmed Lahlimi prévoit une sensible accélération du rythme de croissance tirée principalement par le redressement de la valeur ajoutée agricole qui devrait s’améliorer de 11,1% à fin mars prochain.  Le rythme de croissance de la valeur ajoutée non-agricole connaîtrait pour sa part une légère amélioration pour se situer à 2,7%. A cet effet, le taux de croissance de l’économie nationale se situerait autour de 3,9% au premier trimestre contre 1,7% observé la même période de l’année passée.

Zoom sur les principales prévisions du trimestre.

L’embellie agricole

Un retournement à la hausse est attendu au secteur primaire. Les activités agricoles reprendront de plus belle et ce grâce à l’amélioration des conditions climatiques de démarrage et d’installation des cultures précoces. «Le cumul pluviométrique des quatre premiers mois de la campagne agricole 2016-2017 aurait plus que triplé, par rapport à la même période de la campagne précédente et de 12,9% par rapport à la normale, favorisant ainsi un développement accéléré des travaux d’emblavement des céréales d’automne, des légumineuses et des cultures sucrières, notamment les betteraves», indique dans ce sens le Haut-Commissariat au Plan. Se référant aux pronostics du département d’Ahmed Lahlimi, la production végétale afficherait une croissance notable, et ce sous l’hypothèse d’une régularité spatio-temporelle des pluies pendant les mois de février et mars 2017. Cette amélioration sera tirée par celle des rendements et des surfaces semées des cultures précoces.

Pour sa part, la production animale devrait profiter du redressement de la production avicole et de la poursuite du raffermissement des activités d’élevage du grand cheptel. Notons que la valeur ajoutée agricole porterait sa contribution à la croissance économique globale à 1,3 point au premier trimestre 2017.

Une demande mondiale accrue

Nette évolution de la demande mondiale adressée au Maroc pour le début 2017. Selon le HCP, elle devrait atteindre une hausse de 3,2%. Du coup, l’industrie marocaine sera boostée. Il s’agit notamment des branches industrielles exportatrices telles que l’automobile, l’électronique, l’habillement et le textile. Le Haut-Commissariat au Plan indique par ailleurs que les importations nationales risqueraient de renchérir légèrement au premier trimestre de l’année. Ceci dépendrait de la légère reprise attendue  des cours mondiaux du pétrole et des prix des matières premières industrielles.

Le premier trimestre 2017 serait par ailleurs marqué par un accroissement de 2,4% de la valeur ajoutée industrielle. En se basant sur les prévisions du HCP, les activités minières afficheraient un rythme d’expansion plus soutenu, en ligne avec le renforcement de la production du phosphate brut. «La demande internationale des fertilisants pâtirait toujours des bas niveaux des prix des produits agricoles, mais les perspectives favorables d’une hausse de la demande des pays de l’Asie du Sud et de l’Est maintiendraient les exportations nationales des engrais phosphatés sur un rythme de croissance de près de 11%, au premier trimestre 2017», explique le Haut-Commissariat au Plan. Ainsi, la valeur ajoutée minière enregistrerait, à fin mars 2017, une progression de 9,4%, en variation annuelle, contre 11,4% à la même période de l’année précédente. L’affermissement de la valeur ajoutée de l’électricité est également attendu au premier trimestre. Les estimations tablent sur un taux de 3,4%. Une amélioration qui, selon le HCP, serait alimentée par le redressement de la production des centrales thermiques et de celle des unités à base d’énergie renouvelable. Les services continueraient également sur leur lancée. Leur valeur ajoutée maintiendrait un rythme plus soutenu que le trimestre précédent contribuant pour presque plus de la moitié à la croissance économique hors agricole.

Kawtar Tali