Près de 1,5 milliard de DH pour renforcer les infrastructures de Tamansourt

Une convention vient d’être signée par 10 ministères, la wilaya de Marrakech et Al Omrane pour résorber le déficit en équipements publics de la ville. Un campus universitaire, un hôpital de 45 lits, un parc au centre-ville, des terrains de sport, requalification du parc d’activité… Une vingtaine de projets programmés à  l’horizon 2018.

Les projets s’enchaînent au ministère de l’habitat. Après avoir mis sur les rails il y a un peu plus d’un an le plan de relance de la ville nouvelle de Tamesna, le département de Nabil Benabdellah donne le coup d’envoi à un plan de revalorisation du pôle urbain de Tamansourt dans la périphérie de Marrakech. Une convention a été signée ces derniers jours par 10 départements ministériels, le wali de la région de Marrakech, le président de la commune rurale de Harbil dont fait partie actuellement la ville nouvelle et Al Omrane qui a la charge d’aménager la ville nouvelle. Un moyen d’amener toutes ces parties à prendre leurs responsabilités dans la réalisation des équipements publics, le manque de ces derniers demeurant à ce jour le plus gros point noir du nouveau pôle lancé depuis déjà près d’une décennie (seule une quarantaine d’infrastructures ont été initiées jusqu’à présent sur un total programmé de 200).
Pour ne rien laisser au hasard la convention dresse une liste exhaustive d’une vingtaine de travaux et d’infrastructures à réaliser entre 2014 et 2018 par les ministères désignés qui s’engagent contractuellement à débloquer les financements nécessaires. Tout le plan porte sur un montant estimé 1,35 milliard de DH, dont 1,1 milliard devra être débloqué par le seul ministère de l’enseignement supérieur. Ce dernier département emploiera sa contribution pour la construction d’ici 2018 du campus universitaire Caddi Ayyad sur 170 ha. Le premier équipement du genre de la ville nouvelle.

A ce jour, la ville ne dispose que de simples dispensaires

D’autres grands projets structurants qui apparaissent dans la convention que La Vie éco a pu consulter, consistent en la réalisation d’un grand parc avec fontaine au centre-ville, qui devrait être achevé dès l’année prochaine, une salle couverte de sport et un centre culturel, à terminer au plus tard en 2017. Et surtout Tamansourt qui, aussi étonnant que cela puisse paraître ne dispose aujourd’hui que de simples dispensaires, accueillera enfin un hôpital de 45 lits qui sera accompagné d’un dépôt de médicaments et de logements de fonction pour le personnel employé dans ces structures, le tout devant être réalisé dans un délai de trois ans. Un ensemble d’équipements de proximité est également au programme avec d’abord des salles polyvalentes au sein de programmes de logements sociaux, et la réalisation d’une M’çalla (espace de prière) programmés pour 2016.
Suivra, un an plus tard, la réalisation de trois centres de santé et de trois maisons de jeunes.
Pour boucler la boucle pour ce qui est des équipements de proximité, trois mosquées et 10 terrains de sport devraient être réalisés au plus tard en 2018.
Toutes ces constructions devraient être complétées par des travaux de voirie consistant en l’aménagement de boulevards, la réalisation de passerelles et le dédoublement de la RN7 pour lesquels on se donne quatre ans.

21 000 logements construits  sur 90 000 prévus

Le programme inclut également un ensemble de travaux pour embellir la ville nouvelle. L’idée est de réaliser sur les trois prochaines années un traitement paysager et minéral des axes et des places de la ville, l’aménagement pour améliorer l’accessibilité ou encore la mise en place de la signalisation et du mobilier urbain. La convention couvre également un volet entretien, comprenant notamment la plantation et le nettoyage de la ville sur les trois prochaines années.
Les activités économiques au sein de Tamansourt ne sont pas en reste, étant donné que la convention prévoit la requalification du parc d’activité de Harbil qui devrait être menée entre l’année en cours et 2015.

S’ils sont menés à leur terme, ces projets devraient en théorie raviver l’attractivité de la ville nouvelle. Les arrivées de nouveaux occupants et les réalisations de logements par les promoteurs immobiliers au niveau de Tamansourt ont eu tendance à ralentir sur les dernières années du fait du déficit d’équipements publics. Le nouveau pôle n’abrite actuellement que près de 21 300 logements (dont 4 600 en cours de réalisation) sur un total prévu à terme de 90 000. Et ce ne sont que tout au plus 53 000 habitants qui se sont installés au niveau de Tamansourt à ce jour. Même si l’on rajoute 10 000 autres occupants attendus pour l’année 2014 on reste encore loin de la capacité d’absorption de la ville nouvelle évaluée à 450 000 habitants. Ce qui conforte d’autant plus le retard pris en termes de peuplement de la ville nouvelle est qu’elle est aujourd’hui bien avancée dans l’aménagement avec 1200 ha déjà préparés sur une superficie totale de 1 931 ha.