Premiers bénéfices pour Meditelecom

Le résultat net pour 2005 a été de 125 MDH

Le capital a été réduit de 4,15 milliards de DH pour effacer
les pertes antérieures

La première distribution de dividendes
pourrait avoir lieu après l’introduction en Bourse prévue
en 2007.

Meditelecom semble en avoir fini avec la période de vaches maigres. Après plusieurs exercices déficitaires, la société est sortie du rouge à l’issue de l’exercice 2005. Le tout assis sur une croissance vertueuse générant suffisamment de cash-flow pour financer l’effort de croissance et alléger le fardeau d’une dette lourde de plusieurs milliards de DH. Ainsi, avec une clientèle atteignant 4,02 millions d’abonnés (dont 3,87 millions équipés en cartes prépayées), soit une progression de 47,4 % par rapport à 2004, et un gain net de 185 000 nouveaux clients pour le dernier trimestre 2005, le chiffre d’affaires de l’opérateur a dépassé 4,3 milliards de DH, en amélioration de 21 % par rapport à l’année précédente.

Dans la foulée de cette embellie commerciale, le résultat d’exploitation avant amortissements s’est hissé à 1,65 milliard de DH et le résultat net a été de 125 MDH. A signaler une baisse de la marge opérationnelle à 39 % contre 46% en 2004, qui s’explique par l’effort consenti dans la conquête de nouveaux clients, notamment dans le post-payé (ligne avec abonnement). Mais ce coût a été largement compensé par la modification, de 10 à 20 ans, par l’ ANRT, de la durée d’amortissement de la licence d’exploitation, acquise en 1999 au prix de 12 milliards de DH. Cette «largesse» permet à Meditelecom de comptabiliser, à partir de 2005, une dotation annuelle aux amortissements (de la licence et de ses installations techniques) de 400 MDH/an au lieu de 600 MDH auparavant. Ce qui allège considérablement la consommation de cash opérationnel.

Les lourds investissements du fixe pourraient altérer les performances
Un cash qui devrait être employé ailleurs. Après l’obtention en août dernier de la deuxième licence du fixe, la filiale de Telefonica a mis en place un programme d’investissement de plusieurs centaines de millions de DH dont 300 millions pour l’installation d’un réseau souterrain de fibres optiques et de faisceaux hertziens. Ce qui risque de créer à nouveau une tension sur la performance financière réalisée en 2005.

En attendant, les actionnaires, en l’occurrence Telefonica et Portugal Telecom (32% du capital pour chacun), le groupe Benjelloun qui en contrôle 18 % et le duo CDG – Akwa Group, qui détient indirectement 18 % à travers la structure Holdco, ont effacé du passif les stigmates du démarrage laborieux en ramenant le capital de 8,83 milliards à 4,68 milliards de DH. Cette réduction de 4,15 milliards de DH apure les pertes antérieures, dont les plus colossales ont été essuyées en 2001 (-2,2 milliards) et 2002 (-1,2 milliard) et permet d’entrevoir la distribution de dividendes au lendemain de l’introduction en Bourse prévue en 2007.