Premier semestre plat pour les ventes de voitures

Avec 57 700 véhicules vendus, le marché est en recul de 2,3% à  fin juin. Les petites motorisations de moins de 140 000 DH sortent du lot. Dacia et Renault se maintiennent, Hyundai et Fiat font du surplace, Citröen et Volkswagen trinquent.

L’embellie a été de courte durée sur le marché de l’automobile. Passés les premiers mois, les transactions ont repris le chemin de la baisse. D’après les données de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam), les concessionnaires ont réalisé quelque 57 700 ventes sur les premiers six mois, en retrait de 2,3% par rapport à juin 2014. De prime abord, quelques opérateurs font remarquer que le premier semestre de l’année précédente a été dopé par les ventes exceptionnelles de l’Auto Expo tenu en mai. D’autres, plus nombreux, affirment que l’effet salon n’explique pas la tendance baissière, étant donné que l’événement n’augmente pas les transactions, mais permet juste de les concentrer sur un mois. Selon eux, le décrochage tient surtout à des problèmes de fond. En premier lieu, les opérateurs recensent de moins en moins de demandes à cause de la conjoncture défavorable, malgré les frémissements ressentis au début de l’année. «Nous     recevons des visites mais une grande partie ne débouche pas sur des transactions», informe un directeur commercial. Un autre responsable d’enseigne fait constater que les gens préfèrent garder leurs véhicules le plus longtemps possible, découragés qu’ils sont par les frais annexes d’acquisition qui ont augmenté au cours des dernières années.  

A ce facteur d’ordre macroéconomique, des professionnels ajoutent le passage à vide qui précède depuis quelques années la période estivale, Ramadan et la rentrée. De plus, ils affirment qu’en dépit de l’amélioration des conditions de crédit avec de meilleures offres et des taux relativement plus bas, l’accès au financement demeure un réel frein. Les banques sont plus regardantes sur les demandes de prêt et rejettent systématiquement plusieurs dossiers dont le risque est légèrement plus prononcé.

Le segment du premium ne faiblit pas

Sur ce fond, l’activité reste portée par les petites motorisations majoritairement diesel à 6 chevaux, dont le prix ne dépasse pas les 140 000 DH. Dans cette catégorie qui pèse plus de 38% du marché à fin juin, figurent les citadines de type Fiesta, Clio, Citroën C3, Hyundai i20 et Logan 3.

Par marque, Dacia continue de caracoler en tête des ventes grâce à quelque 17 070 immatriculations contre 16 400 à fin juin 2014. Renault se maintient avec un volume de 5 575 véhicules vendus, en amélioration de 2,75%. Hormis ces deux enseignes, les réalisations du reste du marché sont en retrait ou en stagnation. Avec respectivement 4 360 et 3 750 ventes, Hyundaï et Fiat font littéralement du surplace. Tandis que les autres enseignes voient leurs ventes baisser de 5 à 20%. C’est le cas notamment de Ford dont les transactions ont dévissé de 4,6%, à 4 500 unités, et Peugeot qui a vu le nombre de ses nouvelles immatriculations régresser de 5%, à 4 140. Les ventes de Citröen se sont également inscrites en retrait de 13% avec pas plus de 2 320 véhicules vendus. Volkswagen n’est pas mieux loti. La marque allemande a enregistré la baisse la plus prononcée du marché. Son activité a reculé de plus de 20% avec à peine 2 700 unités cédées contre 3 400 à juin 2014.

Dans cette configuration, les opérateurs se livrent une vraie bataille pour se maintenir et protéger leur part de marché. De l’avis des spécialistes, cette donne se répercute directement sur l’offre dont le rapport prix/équipement est en baisse soutenue. Toutefois, les concessionnaires ne sont pas du même avis. «Il existe des marques et des modèles qui ont fait leurs preuves sur le marché et sont plébiscitées par la clientèle et, ce faisant, se vendent sans effort. Par contre, d’autres cherchent encore une place sur le marché. Du coup, il est naturel que leurs concessionnaires se montrent généreux, notamment en matière d’options», explique un expert. En somme, il s’agit d’une question d’offre et de demande.

A l’opposé, le segment du luxe est largement mieux loti. D’après un opérateur, le premium progresse de plus de 10% au terme du premier semestre. Les ventes d’Audi sont en hausse de plus de 17%, l’activité de Mercedes est en progression de 63%, tandis que BMW a réalisé de nouvelles immatriculations en hausse de 4%.

Notons que le segment du véhicule utilitaire léger n’est pas au mieux de sa forme, avec une moyenne mensuelle qui ne dépasse pas 900 transactions. L’activité a décroché de 7% à fin juin, à 5 833 ventes, essentiellement en raison d’une conjoncture économique défavorable chez les entreprises.