Premier emploi défiscalisé : 17 000 jeunes placés en 2006

L’agence pour l’emploi entend insérer 105 000 demandeurs d’emploi à fin 2008.
Les deux tiers des insertions sur Casablanca, Rabat et Tanger-Tétouan.

L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) a pu placer 33 000 demandeurs d’emploi au titre de l’exercice écoulé, soit 10% de plus que l’objectif fixé au début de l’année. Sur ce total, précise Hafid Kamal, DG de l’agence, plus de 50% l’ont été dans le cadre du «premier emploi», une mesure introduite le 1er janvier 2006, accordant l’exonération fiscale et des charges sociales pour ce type de contrats pendant une durée de deux ans ( plus une année en cas de titularisation).

L’impact de la mesure fiscale et sociale apparaît nettement dans la répartition par type de diplôme des insertions du programme «Idmaj», réalisées en 2006. Les premiers bénéficiaires sont en effet les diplômés de la formation professionnelle qui comptent pour 38% et ceux de l’enseignement supérieur (BAC + 4) pour 27%. Il s’agit de ceux-là mêmes dont l’embauche fait bénéficier l’employeur des exonérations de l’IGR et des charges sociales quand le salaire ne dépasse pas 6 000 DH ; les autres embauches étant constituées des titulaires du Bac (26%) et du diplôme de l’enseignement fondamental (9%).

80% des insertions dans l’industrie et les services
Au vu du potentiel considérable d’entreprises (plus d’un million selon l’Anapec) ayant des besoins importants en ressources humaines, l’agence estime que trois actions doivent être entreprises pour obtenir un rendement plus élevé du contrat formation-insertion. La première action consiste à supprimer l’obligation de s’inscrire pendant six mois à l’Anapec pour bénéficier de la défiscalisation de l’IGR. La deuxième action, indique Hafid Kamal, est de rendre éligibles à l’exonération fiscale et sociale non plus seulement les lauréats de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur, mais aussi tous les bacheliers. La troisième action, elle, est relative à l’organisation d’une plus large communication, et c’est ce que compte entreprendre l’agence.

D’ailleurs, quand on observe la répartition par région des 33 000 insertions (dont plus de 50% dans le cadre du premier emploi), le manque d’information se confirme. Trois régions en effet ont «accaparé» à elles seules 63% des insertions : Casablanca (28%), Rabat-Salé (15%) et Tanger-Tétouan (20%) contre 37% pour toutes les autres.

Quant à l’élargissement du bénéfice de l’exonération fiscale et sociale au titulaire du Bac, sa nécessité apparaît en examinant la répartition par secteur des insertions réalisées en 2006. En effet, le BTP, l’hôtellerie/restauration ou l’agriculture, qui n’ont pas de grands besoins en hauts diplômés, n’ont réalisé respectivement que 7%, 5% et 3% des insertions, contre 48% et 32% pour les services et l’industrie.