Pourquoi les techniciens de la RAM ont arrêté leur grève

Des considérations financières et techniques ont poussé à la reprise du travail

80 salariés seulement ont rejoint les ateliers, les autres sont mis en congé.

L’une des plus longues grèves qu’ait connues Royal Air Maroc a pris fin vendredi 30 décembre. Après six mois d’arrêt de travail, les 400 techniciens encadrés par leur tout nouveau syndicat, STAM RAM, ont accepté de retourner aux ateliers.

Ce conflit s’est éteint parce que la raison financière a fini par l’emporter. Passée la date du 29 décembre 2005, l’équation se serait en effet compliquée encore plus. Car, en deçà de six mois travaillés en 2005, les techniciens grévistes auraient perdu leur prime annuelle qui est de l’ordre de 10 000 DH pour les agents, 12 000 pour les agents de maîtrise et 15 000 pour les cadres.
Le deuxième motif de reprise est relatif à la nature même du travail de maintenance. Sans compter les primes dont il est assorti, ce travail exige une requalification après six mois d’arrêt. Ignorer ces deux éléments revenait, selon un technicien gréviste, à prolonger le suicide social de plus de 400 personnes.

Les décisions de mutations sont maintenues
Pour remédier aux problèmes financiers consécutifs à ces mois sans salaire, la direction de la RAM a accepté de prêter aux grévistes des montants allant jusqu’à 10 000 DH. En contrepartie, ces derniers ont accepté que leurs camarades sanctionnés repassent en conseil de discipline, conformément à la proposition qui leur avait été soumise le 30 novembre 2005. Ce qui a été fait rapidement avec comme résultat la décision de considérer, procès verbal à l’appui, la période de six mois comme une période de mise à pied.

Selon la direction de la RAM, la reprise du travail se fait progressivement puisque, sur 400 personnes, 80 ont repris effectivement leur travail alors que les autres ont été mis en congé. Certains devraient aussi suivre des cycles de formation pour assimiler la nouvelle organisation mise en place durant ces longs mois de grève. Dans tous les cas, la direction affirme ne pas revenir sur les mutations de certains grévistes