Pourquoi BAM n’a pas modifié son taux directeur

Les prévisions de crédit bancaire et de croissance revues à la hausse n Le solde commercial se détériore. Le taux directeur est maintenu à 2,25%.

Lors de la réunion de son conseil de politique monétaire mardi 27 septembre, Bank Al-Maghrib (BAM) n’a pas jugé approprié de changer son taux directeur, maintenu donc à 2,25%. Dans la mesure où la prévision d’inflation sur le moyen terme «est en ligne avec l’objectif de stabilité des prix», comme il est dit dans le communiqué de BAM, où le crédit bancaire s’améliore et la prévision de croissance pour 2016 revue à la hausse, il n’y a pas en effet de raisons de manipuler de nouveau le taux principal de refinancement des banques. D’autant que l’activité économique en 2017, horizon couvert par la prévision, sous l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne, devrait rebondir pour enregistrer une croissance prévue à 4% par la Banque centrale. En effet, comme le rapporte BAM, le crédit bancaire au secteur non financier, sous l’impulsion des crédits aux entreprises, a augmenté de 3,2% à fin juillet, et devrait croître de 3% sur l’ensemble de l’année 2016 et de 4% en 2017.

A qui ont profité les baisses du taux directeur déjà concédées ?

La question est de savoir si ces légères améliorations, ces frémissements mêmes, justifient le maintien du taux directeur à son niveau actuel. A moins de considérer que pour BAM la variable monétaire, dans le contexte marocain tout au moins, n’explique pas tout. Il se dit d’ailleurs, mezza voce, que les trois baisses du taux directeur déjà concédées ont profité moins aux entreprises et aux ménages qu’à d’autres acteurs du marché financier. Peut-être est-ce là d’ailleurs une des raisons qui font que BAM observe une certaine prudence quant au recours à cet instrument de régulation monétaire.

Pourtant, sur le front des échanges extérieurs, une évolution est en train de se dessiner, marquant une certaine rupture avec ce que l’on a connu depuis 2013. Après la baisse du déficit commercial entamée à partir de cette date, voici que l’on renoue avec la hausse, en raison d’une augmentation des importations plus forte que celle des exportations. Bien sûr, la hausse des importations est surtout le fait des biens d’équipement, ce qui est quand même bon signe pour la croissance. Là encore, est-ce que la monnaie a un rôle à jouer ? Par le passé, des pays (comme l’Italie par exemple du temps de la lire) se livraient assez souvent à des dévaluations compétitives pour booster leurs exportations. Est-ce encore possible aujourd’hui ? La Chine, en dépit des protestations des Occidentaux, refuse de laisser s’apprécier sa monnaie, le yuan, favorisant ainsi ses exportations. Dans le cas du Maroc, y a-t-il un lien entre la valeur du dirham et les exportations ? Et d’abord, diront d’aucuns, y a-t-il déjà une offre exportable suffisante, en quantité et en qualité ?