Pour une approche réaliste et responsable de la problématique du chômage

Le gouvernement ne s’est jamais fixé un tel objectif, que nous estimons d’ailleurs irréaliste comme l’a stipulé l’hebdomadaire «La Vie éco» avec lequel nous partageons totalement cet avis.

Faisant suite au dossier traitant de «la problématique du chômage» paru dans l’hebdomadaire La Vie éco dans son édition n° 4743 du 7 au 13 mars 2014, il s’avère nécessaire d’éclairer l’opinion publique sur les propos avancés à ce sujet. Il s’agit notamment des allégations à propos de la possibilité de créer 250 000 postes d’emploi par an, et ce, pour les trois dernières années du mandat de l’actuel gouvernement. Il s’agit également de questions légitimes avancées par les experts et les chercheurs à propos de ce sujet.
De prime abord, il est à signaler que le gouvernement actuel ne s’est jamais fixé un tel objectif, que nous estimons d’ailleurs irréaliste comme l’a stipulé l’hebdomadaire avec lequel nous partageons totalement cet avis. A cet égard, il convient de rappeler que sur les dix dernières années, pour chaque point de croissance, l’économie marocaine n’a pu créer que moins de 30 000 emplois. Par conséquent, et pour atteindre l’objectif prétendu de 250 000 emplois par an, cela suppose un taux de croissance annuelle de 8 à 9%. L’atteinte d’un tel taux paraît, à l’évidence, difficile, voire impossible dans la conjoncture économique actuelle.
Par ailleurs, l’emploi constitue l’une des principales priorités du programme gouvernemental. Dans ce sens, ce gouvernement s’est attelé, pour la première fois, à l’élaboration de «la stratégie nationale de l’emploi». Cette stratégie sera élaborée et mise en œuvre dans une démarche participative avec nos partenaires économiques et sociaux, et en parfaite synergie avec l’ensemble des stratégies sectorielles.

Aussi, le gouvernement, dans sa déclaration, s’est-il engagé sur la réduction du taux de chômage, par le renforcement du cadre institutionnel de la politique de l’emploi, l’encouragement de l’intermédiation, l’amélioration des mesures volontaristes, le développement des capacités de veille, d’analyse et d’évaluation du marché de l’emploi, ainsi que le développement du système de formation pour le rendre souple, réactif et suffisamment ancré dans le milieu professionnel.  
En parallèle, notre pays est appelé à construire un modèle de croissance fort et équilibré, capable de générer de l’emploi, en quantité et en qualité, permettant une meilleure répartition de la richesse produite. S’agissant de l’amélioration de l’employabilité et l’insertion des jeunes et plus particulièrement les diplômés, deux programmes ont déjà été conçus. Le premier, déjà en vigueur, consiste à offrir une formation diplômante, pour les métiers de l’enseignement, au profit de 10 000 jeunes lauréats de l’Université, et qui sera dispensée par les Ecoles normales supérieures. Le second, en cours de mise en place, consiste à offrir, à son tour, une formation diplômante au profit de 25 000 jeunes, destinée à renforcer leurs capacités de communication, de management et de gestion des projets, et leurs compétences techniques dans différentes filières, et ce, en collaboration entre l’OFPPT et les Universités.  

Pour ce qui est de l’emploi public, le gouvernement a adopté une nouvelle politique à travers des mesures ambitieuses, courageuses, voire difficiles. Ces mesures consistent à valoriser la fonction publique, en instaurant le principe irrévocable d’y accéder selon le mérite et exclusivement à travers un concours. Le bilan après deux ans est très positif. Ainsi, sur 400 000 candidats qui ont pris part à 400 concours, environ 40 000 postes ont été utilisés parmi ceux prévus par les trois dernières Lois de finances. En effet, l’accès à la fonction publique répond désormais aux règles de la transparence, de la compétence, du mérite et de l’égalité des chances, notamment à travers le lancement du premier portail national dédié à l’emploi public (www.emploi-public.ma), qui rend publiques les listes des concours, des candidats et des admis. Toutefois, l’apport de l’emploi public reste limité, ne permettant de couvrir que près de 10% de la demande d’emploi.
Enfin, il est toujours utile de rappeler que la création d’emplois passe nécessairement par la réalisation d’une croissance économique forte et durable, ce sur quoi le gouvernement a concentré ses efforts à travers le lancement des réformes nécessaires pour l’amélioration du cadre macroéconomique et de l’environnement de l’investissement. Réformes aujourd’hui indispensables pour l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises et l’attractivité de notre pays pour les investissements étrangers.