Pour Moulay Hafid Elalamy, le plus dur commence

Chantier prioritaire : la constitution d’un bureau à  majorité favorable.
Les fédérations internes et unions régionales devront élire leurs nouveaux présidents avant le 3 septembre.
Mohamed Chraïbi et Bouchaïb Benhamida risquent de perdre leurs postes.

La vraie bataille a commencé le lundi 3 juillet pour Moulay Hafid Elalamy. Après un vote sans surprise au cours duquel il a toutefois recueilli 96% des voix, le nouveau président de la CGEM s’est attelé à  mettre sa machine en marche. C’est donc toute la semaine et probablement le mois à  venir qui seront consacrés à  la Centrale patronale avec pour objectif premier de constituer une majorité de travail. Au menu de ces premiers jours, la constitution du bureau qui comprend, outre les présidents des fédérations affiliées à  la CGEM (28), ceux des unions régionales (8), et les présidents des commissions (10), des membres qui seront cooptés par le président (validés cependant par le bureau).

L’une des premières tâches assignées par M. Elalamy à  ses services est de dresser une situation complète et actualisée en vue de connaà®tre pour chaque union régionale, fédération interne et commission, l’état actuel des instances dirigeantes, le nom du président et le nombre de mandats qu’il a à  son actif. Selon le règlement, presque toutes ces entités devront, d’ici le 3 septembre, élire leurs nouvelles instances. Les fédérations externalisées suivront leur propre calendrier. C’est dire que les mois de juillet et août seront chargés car, d’ici la rentrée, les présidents de neuf fédérations internes, huit unions régionales et dix commissions devront être connus pour constituer le futur conseil d’administration de la CGEM que M. Elalamy a promis de dévoiler en septembre.
Concernant les fédérations internes, pour quatre d’entre elles, à  savoir le commerce et services, les matériaux de construction, l’enseignement privé et l’automobile, les présidents sortants ont déjà  épuisé leurs deux mandats et devront laisser la place à  des nouveaux. Quant aux cinq autres, dont la fédération de la PME, leurs présidents n’en sont qu’à  leur premier mandat et pourront donc en briguer un deuxième.
En régions, les présidents sortants des unions d’Agadir, Tanger, Oujda et Laâyoune ont épuisé leurs deux mandats contrairement à  leurs homologues de Rabat, Marrakech, Meknès et Fès.

Les fédérations externes suivront leur propre rythme pour renouveler leurs instances
Il restera enfin les 10 commissions de la CGEM dont les présidents sont désignés par le conseil d’administration sur proposition du président. Les commissions étant, en fait, la vraie force de frappe du président en plus des membres du conseil d’administration cooptés, leur présidence sera certainement très convoitée. Il est trop tôt pour connaà®tre leurs futurs présidents. Tout ce que l’on sait, c’est que pour quatre d’entre elles, à  savoir la commission des ressources humaines, celle de la fiscalité, celle du droit de l’entreprise et celle de la bonne gouvernance, les présidents sortants devront forcément céder leur fauteuil pour avoir épuisé leurs deux mandats.

Le nouveau président et le conseil d’administration de la CGEM devront se pencher sur des cas problématiques. Il s’agit, entre autres, de la Fenagri (Fédération nationale de l’agro-industrie) dont le président actuel, Mohamed Chraà¯bi, est fortement contesté pour avoir brigué «illégalement», selon certains, un troisième mandat. A la CGEM, on nous répond que M. Chraà¯bi n’est pas dans l’illégalité car, en réalité, ses deux précédents mandats, il les avait épuisés alors que la Fenagri était encore une fédération interne. En d’autres termes, son actuel mandat, le troisième, n’est en fait que le premier à  la tête de la Fenagri en tant que fédération externe. Une explication que certains membres de la fédération et même du conseil d’administration rejettent en invoquant des cas similaires oà¹, même avec le changement de statut de la fédération, les anciens présidents n’ont pas été autorisés à  briguer un troisième mandat. C’est le cas de la Fédération du tourisme et de celle de l’immobilier. On citera enfin le cas de Bouchaà¯b Benhamida, président depuis de longues années de la Fédération des BTP (FNBTP). A la CGEM, on explique que ce sera au conseil d’administration de statuer sur ces cas.
Toujours est-il que le nouveau président, Moulay Hafid Elalamy, ne chômera pas cet été et suivra certainement avec beaucoup d’intérêt les élections de ces instances car d’elles dépendra le futur conseil d’administration avec lequel il gouvernera.

Direction
Amina Lamrani à  la place de Mohcine Ayouche


Avec l’arrivée du nouveau président, un autre homme s’est trouvé lui aussi sous les feux des projecteurs. Il s’agit de Mohcine Ayouche qui, depuis de longues années, occupe le poste de directeur délégué, le plus stratégique peut-être après celui de président. Selon des sources bien informées et proches de la nouvelle présidence, Moulay Hafid a déjà  trouvé son futur directeur délégué qui, surprise s’agissant de la CGEM, est une femme. Il s’agit d’Amina Lamrani, la quarantaine, diplômée de l’Ecole centrale et actuellement directrice de la stratégie et du développement à  l’ONE. Un choix qui devra toutefois être validé par le bureau de la centrale patronale .