Poulpe : les navires n’ont pas atteint 40 % des quotas et la ressource se raréfie

Les armateurs demandent à pêcher plus près des côtes n L’INRH se prononcera sur leur requête d’ici peu.

A un mois et demi de la fin de la campagne de la pêche au poulpe qui s’étale de mai à août, après un arrêt biologique de neuf mois, la ressource se fait rare à nouveau. Les navires de la pêche hauturière et ceux de la pêche côtière, autorisés à intervenir dans la zone, n’ont même pas atteint 40% de leur quota. La principale raison est que l’on ne trouve plus de poulpe dans la zone de pêche autorisée, qui se situe au-delà de 30 miles des côtes.
De ce fait, la commission de veille biologique chargée d’assurer le suivi de la campagne de pêche, instituée par le nouveau plan stratégique de restructuration du secteur, et dans laquelle siègent les professionnels, examine pour le moment une requête permettant aux navires d’intervenir dans des zones plus proches des côtes.

Les barques du secteur informel font toujours
des ravages
Toutefois, le dernier mot revient à l’Institut national de recherche halieutique (INRH) qui dépêchera son navire de recherche dans les prochains jours pour s’assurer que l’état des ressources dans les zones de recrutement accueillant les juvéniles pourrait supporter un effort de pêche.
La chute des prises est drastique par rapport à la situation du début de la campagne, commente un des membres de l’APAPHAM (Association professionnelle des armateurs de la pêche hauturière au Maroc). Si, pendant les premières semaines, les prises de chaque navire atteignaient 200 à 250 caisses par semaine, aujourd’hui ces derniers ne réalisent plus que 30 à 40 caisses. Résultat : les prises des navires de la pêche hauturière et ceux de la pêche côtière sont en deçà de la moitié des quotas établis par l’administration, même si ces derniers étaient, au départ, jugés très bas. Rappelons que, pour cette campagne, il s’agit de 20 000 tonnes de poulpe, dont 12 600 pour les chaluts hauturiers, 2 200 pour les bateaux de pêche côtière et 5 200 pour la pêche artisanale.
Les armateurs qui escomptaient s’en sortir après plusieurs mois d’inactivité en sont pour leur frais. Leur situation financière est critique, notamment pour les bateaux de la pêche hauturière.
Pour autant, les professionnels ne désespèrent pas et comptent se rattraper lors de la prochaine campagne s’étalant de novembre à décembre 2004.
Mais la pêche au poulpe effectuée par les barques intervenant dans l’informel inquiète aussi bien les professionnels que les responsables de l’administration. «Ce fléau risque de compromettre l’ensemble du plan d’aménagement car il est inutile de supporter des restrictions et des arrêts alors que, par ailleurs, la ressource est épuisée par le secteur informel. Toutefois, nous préférons considérer que nous sommes dans une phase transitoire, durant laquelle il est difficile de vaincre les résistances aux changements», analyse Omar Akouri, président de l’AEM (Association professionnelle des armateurs de la pêche hauturière au Maroc)