Port de Tan Tan : un futur hub pour les produits de la mer

Les opérateurs du port ont organisé une journée de réflexion sur le sujet début juillet.
Des objectifs chiffrés fixés et des mesures à  court terme pour enclencher le process.

Des eaux poissonneuses, un complexe portuaire suffisamment développé, des opérateurs avec des années d’expérience et des unités industrielles opérationnelles… Le port de Tan Tan a tous les ingrédients d’un hub industriel pour la valorisation des produits de lamer. D’ailleurs, Tan Tan est peut-être l’une des premières villes dont le port avait été plus développé par l’effort du secteur privé que par celui de l’Etat. En 1975, le chef de file,  l’Omnium marocain des pêches (OMP), avait choisi d’établir ses bases dans ce petit port encore inconnu de tous. D’autres, dont plusieurs sont étrangers, suivront ses traces par la suite. Aujourd’hui, Tan Tan est le port d’attache de la première flotte de pêche hauturière du pays avec 54 chalutiers de haute mer en plus de 426 bateaux de pêche côtière et 256 embarcations de pêche artisanale en plus de deux chantiers navals et 18 unités industrielles. Conscients désormais des atouts du site, les opérateurs du port de Tan Tan réunis en association, veulent aujourd’hui passer à la vitesse supérieure. Lors d’une journée organisée le 7 juillet, à laquelle ont pris part également d’autres partenaires comme l’Agence nationale des ports, le ministère des pêches, l’Agence de développement des provinces du sud, l’Office national des ports (ONP) et bien d’autres, l’idée a été lancée : faire deTan Tan un pôle de compétitivité régional pour les industries liées aux produits de la mer. Des consultants français du cabinet IDMer sont également venus exposer aux participants ce nouveau modèle économique qu’on appelle pôles de compétitivité très en vogue en France. Les consultants en ont profité pour exposer des expériences réussies dans l’Hexagone, notamment celle du Pôle Mer Bretagne. Au terme d’une journée d’échanges, les opérateurs économiques du port de Tan Tan se sont tous accordés sur deux objectifs essentiels : optimisation des performances et capacité opérationnelle de la flotte et valorisation des produits autant que faire se peut. Côté chiffres, les opérateurs ambitionnent d’augmenter de 50% le volume des débarquements pour les faire passer de 120 000 t actuellement à 180 000 t et d’atteindre un chiffre d’affaires consolidé de 2,5 milliards DH, dont 50% générés par les activités à terre.Et déjà, pour y arriver, les opérateurs ont identifié des actions à mener dans le court terme pour enclencher le process. On en citera, par exemple, l’amélioration de l’accessibilité du port, la pérennisation de la desserte aérienne de la ville (la ligne Casa-Tan Tan est suspendue depuis plus de 3 mois), la création d’une antenne de l’Institut national des ressources halieutiques (INRH)