Pommes, bananes, avocats, kiwi, mangue.., la consommation s’envole, grà¢ce aux mahlabas

Le Maroc a importé 121 000 tonnes de fruits frais et secs en 2010. Ils proviennent d’Europe, d’Amérique et d’Asie. Deux explications : un effet de substitution et la consommation de jus panachés en forte hausse.

Papaye, litchi, anone, mangue, ananas, framboise. Les Marocains, devenus amateurs de fruits exotiques, n’ont aujourd’hui que l’embarras du choix. Que ce soit dans les quartiers populaires ou ceux huppés, la demande s’exprime de plus en plus, encouragée il est vrai par deux phénomènes : l’explosion de la consommation de jus en mahlabas et la tendance à la baisse du prix des fruits importés alors que ceux produits localement, comme la pomme, sont devenus plus chers, l’écart de prix étant parfois suffisamment mince pour encourager à acheter le produit importé. Nouvel usage et effet de substitution encouragent donc les importations qui n’ont cessé de croître ces dernières années. Et il ne s’agit pas seulement de fruits exotiques car les importations portent également sur les fruits dits «classiques» notamment les pommes, les poires, les bananes ainsi que les petits fruits rouges comme la cerise, la fraise ou encore la framboise. Selon les statistiques du ministère du commerce extérieur, les importations de fruits frais et secs ont atteint 121 700 tonnes à fin décembre 2010 contre 128 200 tonnes en 2009. Un petit recul dû, selon des importateurs, à une baisse des importations de certains fruits secs. Par ailleurs, les statistiques de 2011 révèlent que sur les deux premiers mois de cette année, le Maroc a importé déjà 12 900 tonnes, sachant que les volumes explosent durant la période estivale.
Si les importations de fruits secs sont dominées par les dattes qui ont représenté 51 400 t en 2010, pour les importations de fruits frais, ce sont les bananes qui arrivent en tête avec 28 000 t en 2010 contre 26 500 t en 2009. Pour les deux premiers mois de 2011, le Maroc en a importé 1 900 tonnes. Ces bananes proviennent essentiellement des pays de l’Amérique du Sud et quelques petits tonnages seulement de l’Afrique. Après la banane, c’est la pomme qui arrive en deuxième position avec 14 000 t en 2010 et 1 100 pour les deux premiers mois de 2011. Et c’est l’avocat, fruit très prisé par les Marocains, qui occupe la troisième place avec 8 000 t importées en 2010. Il est suivi par l’ananas et le kiwi avec respectivement 2 100 et 1 800 tonnes.
En dehors de ces fruits phare, le Maroc importe aussi de la pastèque d’Espagne (44 tonnes), du melon (100 tonnes), des prunes fraîches (223 tonnes), des pêches et des nectarines (803 tonnes) et les raisins avec 682 tonnes.

993 tonnes de mangues en provenance d’Asie du Sud-Est et d’Inde

Les pommes proviennent essentiellement de la France et des USA et les fruits rouges des pays de l’UE, les autres fruits exotiques sont importés d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale (l’ananas, l’avocat et le papaye) ou encore des pays de l’Asie du Sud-Est et de l’Inde pour les mangues dont les importations sont de l’ordre de 993 tonnes. Alors que les importations de papaye atteignent 17,6 tonnes.
La répartition des ventes des fruits laisse apparaître, expliquent certains importateurs, que près de 70% des ventes de mangues et de papayes sont enregistrés au niveau des mahlabas pour la préparation des jus très prisés par la clientèle. Le constat est encore plus prononcé pour l’avocat qu’il est aujourd’hui impossible de ne pas trouver dans toute mahlaba digne de ce nom. Le reste est vendu dans le réseau de la grande distribution pour les mangues alors que la papaye est écoulée en grande majorité par les marchands ambulants pour un prix moyen de 10 DH la pièce d’un kilo environ, et l’avocat se trouve chez tous les revendeurs.
Les fruits rouges (cerises, framboises et groseilles) sont essentiellement commercialisés dans les marchés de quartiers huppés alors que les pommes et bananes, importées ou produites localement, font l’objet d’une large distribution dans tous les circuits.
Outre la segmentation des ventes, le marché des fruits importés se caractérise globalement par des variations importantes entre produits importés et locaux et qui peuvent tourner à l’avantage de l’un ou de l’autre. Ainsi, le kilo de pommes importées, disponibles entre les mois de mai et août, varie de 20 à 30 dirhams alors qu’à cette époque la pomme locale voit son prix fluctuer entre 9 et 18 dirhams, mais peut aller jusqu’à 23 DH en hiver. La banane importée, quant à elle, reste plus chère. Son prix au kilo atteint les 15 dirhams contre un prix moyen de 9 dirhams pour la banane locale. L’avocat, troisième fruit importé par le Maroc, présente une spécificité au niveau des prix dans la mesure où il n’y a pas une grande différence entre le prix du fruit local et celui du produit importé. Le prix est compris dans une fourchette de 15 à 35 dirhams le kilo en fonction des périodes. L’ananas est commercialisé à 30 dirhams le kilo et la mangue à 45 dirhams. Les fruits importés les plus chers sont, selon professionnels, les fruits rouges et le raisin. Leurs prix varient de 30 à 56 dirhams. Ce niveau de prix est justifié, expliquent les distributeurs, dans la mesure où il s’agit de fruits de saison périssables qui ne peuvent être conservés.