Polymédic investit 150 MDH dans un réseau de dépistage du cancer par tomographie

Un site de production répondant aux normes de sécurité nucléaire et quatre centres de diagnostic.
5 000 patients/an pourront subir un diagnostic n Coût du dépistage
: 10 890 DH, pris en charge par l’Amo.

Cent cinquante millions de dirhams. C’est le montant de l’investissement que s’apprêtent à faire le laboratoire pharmaceutique Polymédic et ses partenaires, CIS Bio International ainsi qu’un consortium de médecins privés marocains. Cet investissement permettra la création d’une société pharmaceutique, Bio Medic, qui réalisera le premier réseau de centres de diagnostic par tomographie par émission de positons (TEP) d’Afrique. Opérationnel au cours du premier semestre 2007, ce centre permettra le dépistage et le suivi des cancers.

Ce centre radiologique nouvelle génération permettra, grâce à une technologie d’imagerie créée il y a tout juste cinq ans aux USA, «la visualisation des tumeurs et métastases après injection de fluodéoxyglucose (FDG), marqué au Fluor-18, produit faiblement radioactif», expliquent les responsables de Polymédic. Cette technologie permet l’évaluation des cancers pulmonaires primaires, la détection des tumeurs colorectales, l’évaluation et le suivi des lymphomes et mélanomes malins, la détection de récurrences de cancers, le suivi de réponse thérapeutique et le dépistage du cancer du sein. Le FDG est aussi utilisé en cardiologie et en neurologie.

On passera de 4 à 12 centres en cinq ans
Le projet TEP Maroc comprendra la mise en place d’un centre de production de FDG doté d’un bâtiment répondant aux normes de sécurité nucléaire, un cyclotron pour la production du Fluor-18, un laboratoire de synthèse, une unité de contrôle de qualité et enfin une unité de distribution des mono-doses de FDG. Le projet prévoit également l’implantation de quatre centres de médecine nucléaire équipés de caméras TEP dans les villes de Casablanca, Rabat, Fès et Meknès. La création de ces centres nécessitera une enveloppe de 25 MDH pour chaque site. Un investissement qui sera fait par le consortium de médecins partenaires de Polymédic. Par la suite, huit autres centres seront créés.

La société productrice de FDG sera implantée entre Rabat et Casablanca. Soit à proximité des grands centres hospitaliers et cliniques du pays. C’est une contrainte imposée par la nature même du produit. Le Fluor-18 a une durée de vie de deux heures, il nécessite donc une unité de production se situant dans un rayon de 300 km des centres d’utilisation. Radioactif, ce produit impose des conditions de transport spécifiques et un contrôle permanent de sa qualité. Ce qui explique le recrutement de profils pointus notamment des médecins nucléaires (actuellement en formation), des techniciens, des ingénieurs, des infirmiers et des radiologues spécialisés. Le projet implique la création de 49 emplois dont 42 directs. Ce nombre est appelé à augmenter pour atteindre 88 personnes durant les cinq premières années de fonctionnement du centre TEP Maroc.

La mise en place de ce centre de médecine nucléaire revêt une grande importance pour le pays. Très peu de pays en disposent aujourd’hui. Ainsi, hormis les 600 centres aux USA, on ne compte que 6 centres opérationnels en France, 1 en Italie, 1 en Espagne et deux projets en cours de réalisation en Grande-Bretagne. De son côté, le Québec vient d’investir 9 millions de dollars dans la tomographie. TEP Maroc sera le premier centre en Afrique et une plate-forme médicale pour les pays de la région et du Maghreb en particulier.

Selon les prévisions du laboratoire Polymédic, environ 5 000 patients pourront effectuer cet examen annuellement. Le dépistage coûtera 10 890 DH au patient, un coût certes élevé mais, selon les responsables de Polymédic, «nous sommes beaucoup moins cher que les pays européens où le coût moyen de l’examen est de l’ordre de 1 279 euros alors qu’au Maroc nous serons à 990 euros. D’autre part, le dépistage précoce grâce au FDG permet d’éviter un traitement mensuel variant entre 40 000 et 50 000 DH dans certains cas». Pour rassurer les patients, la prise en charge dans le cadre de l’AMO existe normalement puisque tous les types de cancer font partie du panier de soins assurés.