Poisson : neuf marchés modernes de gros seront construits en quatre ans

Celui de Casa sera opérationnel au cours du dernier trimestre 2006.
Nouveaux marchés de détail et équipement des commerçants
ambulants sont également prévus.
60 villages de pêcheurs et points de débarquement aménagés
seront construits.

Pour vendre sur le marché international et accroître la consommation nationale, il faut que la qualité des produits soit irréprochable. A ce niveau, la pêche a du chemin à faire. Majid El Ghaïb, directeur général de l’Office national des pêches (ONP), le reconnaît et décline les principaux axes de la stratégie de l’office pour permettre au secteur de se mettre à niveau.

La Vie éco : La mise à niveau du secteur des pêches accuse des retards. Comment y remédier ?
Majid El Ghaïb : Les marchés sont de plus en plus exigeants en matière de qualité et de traçabilité des produits. La mise à niveau doit concerner tous les maillons de la filière, depuis la flotte jusqu’aux points de détail en passant par les infrastructures d’accueil et de commercialisation ainsi que les circuits de distribution. L’ONP, dans le cadre de son plan d’orientation stratégique 2006-2010, a prévu une enveloppe de 742 MDH, dont 72 % sont destinés aux infrastructures de commercialisation et 23 % au développement du secteur. L’appui de l’Union européenne et de l’Etat marocain est sollicité pour porter ces ressources à plus d’un milliard de DH.

Le pays est parmi les premiers producteurs mondiaux de poisson alors que la consommation nationale est de 50 % inférieure à la moyenne internationale…
Effectivement, la moyenne nationale de consommation de poisson est de 10 kg/hab/an contre 16 kg à l’échelle mondiale. Cela alors que la moyenne de production nationale est de 40 kg par habitant. Le gap est énorme. Le marché intérieur offre des possibilités d’accroissement substantiel de la demande si, toutefois, un travail préalable est fait au niveau de la mise à niveau des circuits de distribution à l’intérieur du pays. Ces circuits sont aujourd’hui mal organisés et obsolètes, et constituent le principal handicap au développement de la consommation. C’est pourquoi l’implantation d’un réseau de marchés de gros modernes devient un élément essentiel de ce dispositif de distribution à côté des halles au poisson et marchés de détail.

Concrètement …
Depuis août 2005, une convention cadre a été signée avec les ministères de l’Intérieur et des Finances. Elle fixe le cadre juridique d’intervention au sein des marchés de gros. S’en est suivi, au mois de décembre dernier, la signature de la première convention spécifique avec le conseil de la ville de Casablanca, dont le marché de gros sera opérationnel au cours du dernier trimestre 2006. La deuxième ville sur la liste est Tanger. Sept autres villes bénéficieront de ce programme d’ici 2010. Il s’agit de Marrakech, Meknès, Rabat, Oujda, Tetouan, Beni Mellal et Taza.
Notre programme vise également à apporter un appui technique aux collectivités locales pour l’installation d’un réseau de marchés de détail dans les villes concernées. A Casablanca par exemple, notre objectif est de contribuer à l’installation d’une vingtaine de marchés de détail à raison d’un marché par arrondissement. Les marchands ambulants sont la dernière composante de la stratégie. Une opération en cours de réalisation, avec d’autres partenaires, permettra de les équiper en motocycles ou tricycles avec caissons isothermes. La mise en place à Casablanca débutera en juin prochain. 300 bénéficiaires y sont ciblés, outre 40 à Mohammédia, 50 à Safi et 60 à Agadir.

La pêche artisanale figure aussi parmi les maillons faibles du secteur…
Ce segment demeure précaire et vulnérable. Pour renforcer sa compétitivité, le programme gouvernemental prévoit la construction d’une quarantaine de villages de pêcheurs (VDP) et de points de débarquement aménagés (PDA) dont la moitié sera opérationnelle en 2007. Le gouvernement a postulé, à travers l’ONP, pour un appui de 550 MDH auprès du Millenium Challenge Account dont 360 millions consacrés à la réalisation de 20 PDA.

A l’horizon 2010, la pêche artisanale disposera d’un réseau de traçabilité composé de villages de pêche et de points de débarquement aménagés tous les 50 km.

Majid El Ghaïb DG de l’Office national des pêches
Il est anormal que l’on produise 40 kg/hab/an de poisson et que l’on n’en consomme que 10.