Poisson : les industriels dénoncent la grève des armateurs du Sud

Les armateurs de la pêche côtière ont entrepris une grève depuis le 7 janvier. Ils revendiquent une hausse des prix des poissons. Les industriels estiment ne pas être en mesure de supporter des coûts supplémentaires face à la concurrence acharnée.

Après l’entrée en grève depuis le 7 janvier 2017 des bateaux de pêche côtière, les ports du Sud du Royaume (Agadir, Tan-Tan, Tarfaya, Laâyoune, Boujdour et Dakhla) sont à l’arrêt. Cette grève a été décidée par le Syndicat professionnel des armateurs de la pêche industrielle qui exige une hausse des prix. Cette fronde n’est pas du goût des industriels de la transformation des poissons pélagiques. Après une réunion tenue jeudi 12 janvier relative à la situation du secteur des industries de la pêche dans les provinces du Sud, ils rejettent catégoriquement la demande «infondée d’augmentation du prix du poisson industriel». Les industriels évoquent plusieurs raisons. En premier lieu, selon eux, il n’y a pas d’arguments concrets à même de justifier cette hausse. Par contre, la diminution des prix des poissons prendrait tout son sens dans la mesure où la conjoncture internationale est caractérisée par la baisse des prix des produits transformés. Et ce, à cause de la concurrence dont pâtissent les produits marocains sur le marché européen et la baisse de l’euro. Les industriels déplorent des pertes colossales chiffrées en millions de dirhams.

La compétitivité en jeu

Toujours d’après eux, cette hausse des prix des poissons demeure injustifiée à cause des baisses du prix du gasoil dont ont bénéficié les armateurs durant les quatre dernières années sans que cela ne se répercute sur le prix du poisson. Les industriels déclarent aussi supporter les frais d’achat et d’entretien des caisses en plastique utilisées à bord des navires ainsi que la fourniture de glace. Tous ces facteurs font qu’ils ne disposent pas de la capacité financière à supporter une hausse des prix des matières premières qui affaiblirait leur compétitivité face à la concurrence étrangère.

Face au défaut d’approvisionnement régulier en matière première, les 414 établissements de transformation (dont les deux tiers sont dans le Sud du Royaume) estiment être mis en danger. Ils menacent de mettre au chômage technique une partie de leurs employés. Pour éviter de tels scénarios, ils appellent le ministère de tutelle à prendre les mesures nécessaires pour arrêter ce blocage. En attendant, ils présentent quelques solutions à court terme dont notamment l’augmentation du quota de Dakhla de 2 000t à 3000 t. A moyen terme, ils proposent de restructurer la flotte de pêche côtière.