Poisson : le volume des ventes sur le marché de gros de Casablanca a quadruplé depuis l’ouverture en 2009

Les professionnels s’y sentent à  l’étroit et l’Office national des pêches a déjà  programmé des extensions. Mais l’hygiène et la qualité des produits sont mieux garanties. Les commerçants se plaignent de la taxe de 7% fixée par l’ONP et la ville.

Le marché de gros de poisson de Casablanca est victime de son succès et les professionnels le trouvent déjà exigu. Entré en fonction en 2009, il draine des volumes en forte hausse d’année en année. De cette première année d’exploitation à fin mai 2012, ce sont près de 190 000 tonnes de poisson qui ont transité par cet espace, soit l’équivalent de plus d’un milliard de DH. En 2009, l’exercice s’était terminé sur un tonnage de 37 442 tonnes pour une contrevaleur de 206 MDH. Ce volume a grimpé à 54 525 tonnes en 2010 pour s’établir à 66 818 tonnes en 2011. Le chiffre d’affaires est dans la foulée monté de 275 MDH à 372 MDH.

Signe que le circuit est mieux organisé que par le passé, les quantités de poisson qui ont transité par l’ancienne halle entre 2004 et 2008 se situaient entre 12 000 tonnes (2006) et 15 000 tonnes (2008). La valeur n’avait jamais dépassé 80 MDH, plus haut chiffre d’affaires réalisé sur la période indiquée.

A fin mai 2012, les quantités enregistrées ne sont pas loin du total de toute l’année de 2009. Autant dire que la progression de l’activité reste très soutenue. L’Office national des pêches (ONP) envisage même d’agrandir les espaces dédiés aux transactions et le doublement de la capacité de la chambre froide qui est de 30 tonnes.

Des professionnels se plaignent d’agressions à l’extérieur de l’enceinte

Né d’un partenariat entre l’ONP et la ville (la commune urbaine a fourni le terrain de 4,5 ha et l’office a déboursé les 70 MDH pour la construction et l’équipement), le marché de gros  remplit donc bien sa mission qui est de permettre aux consommateurs d’accéder à des produits de qualité.

Les professionnels sont unanimes à le reconnaître. Jawad El Adraoui et Achani Saddik, des intermédiaires agréés, expliquent que le marché a apporté une hygiène et une sécurité qui n’ont absolument rien à voir avec la halle aux poissons du port. D’ailleurs, les vétérinaires dépendant de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) qui sont sur place ont saisi près de 9 tonnes en mars 2011, alors que ces quantités ont atteint durant Ramadan dernier 128 tonnes. Bref, sur le plan de l’hygiène, de la propreté et de l’aspect sanitaire global, le rôle du marché est indéniable.

Un autre intermédiaire témoigne qu’il perdait des caisses entières au niveau de l’ancienne halle en raison du vol ou tout simplement de la dégradation de la qualité des produits. Ce qui n’est plus le cas.

Mais s’ils sont contents du marché, ils déplorent la taxe de 7% qui leur est appliquée. Sur ce pourcentage, 4% reviennent à l’ONP et le reste tombe dans les caisses de la ville. Depuis l’ouverture du marché à fin mars 2009, la ville a reçu 31 MDH. Surtout, se plaignent les professionnels rencontrés, qu’il s’agit là d’une deuxième vente, la première intervenant déjà au niveau des ports de débarquement.

L’autre plaie dont se plaignent les habitués du marché de gros (le flux des visiteurs portant des badges est autour de 4 000 personnes durant les périodes de pointe) est l’insécurité à l’extérieur. Certains parlent d’agressions répétées. Pour y remédier, l’ONP dit avoir pris des dispositions en concertation avec les autorités. De même, un poste de police sera bientôt ouvert dans l’enceinte du marché.

Rappelons que l’office devait construire 10 marchés de gros (Casablanca comprise) dans les principales grandes villes. Le montant global des investissements est de 509 MDH. Le financement de certains marchés (Marrakech, Meknès, Rabat, Tétouan, Béni-Mellal et Taza) devait être assuré par le fonds du Millenium challenge corporation et le reste (Casablanca, Oujda, Tanger et Fès) réalisé par l’ONP en partenariat avec des villes ou des institutionnels.