Poisson : 8 600 tonnes ont transité en 5 mois par le marché de gros de Casablanca

Dans le passé, la deuxième vente au niveau du port traitait à  peine 1 500 t par an.
Les recettes générées par le nouveau marché en cinq mois sont de 62 MDH.
L’accès est réservé uniquement à  1 800 professionnels dont des vendeurs, des acheteurs et des ouvriers spécialisés.

Un peu moins de cinq mois après son entrée en service – il a été inauguré le 13 novembre 2008-, le marché de gros au poisson est sur le point d’atteindre sa vitesse de croisière et de remplir les objectifs pour lesquels il a été réalisé. A savoir assurer la traçabilité des produits de la mer tout en améliorant leur qualité, à travers la maîtrise de la chaîne du froid, une manutention moderne et une sécurité totale pour les professionnels dans un espace fermé au public et aux intermédiaires non reconnus.
Alors que régnait une anarchie totale dans le port où les critères de salubrité faisaient défaut, seuls sont autorisés à entrer au marché de gros 200 vendeurs avec leurs 400 aides, 1 100 acheteurs et 120 manutentionnaires, disposant tous d’un badge personnel. Le transport est assuré par 200 triporteurs à caisson et des camions de transport réfrigérés.
Bien évidemment, les débuts ont été un peu laborieux, les professionnels n’y avaient alors cru qu’à moitié. Aujourd’hui encore, ils ne comprennent pas pourquoi ils avaient tant peur du changement.

Pas de baisse significative sur les prix de gros
Pour le premier mois d’activité, seulement 956 tonnes d’une valeur de 5,3 MDH avaient été enregistrées. Mais, quatre mois plus tard, en mars, on a atteint près de 2 624 tonnes d’une valeur de 18,5 MDH (chiffres arrêtés au 26 avril dernier). Depuis l’ouverture, ce sont  8 644 tonnes de poisson toutes espèces confondues qui ont été commercialisées, générant un chiffre d’affaires de près de 62,5 MDH.
Or, au port, le volume annuel ne dépassait pas 1 500 tonnes en moyenne, pour une contre-valeur de 50 MDH. On peut en déduire qu’une grande partie des transactions qui se réalisaient dans le circuit parallèle a progressivement retrouvé la voie formelle. En définitive, cela se traduit par des recettes fiscales supplémentaires pour la Communauté urbaine de Casablanca (impliquée dans la réalisation de cette unité) et l’Office national des pêches (ONP).
Aujourd’hui, la question est de savoir si la réorganisation du circuit de distribution a-t-elle entraîné une baisse des prix de nature à encourager une augmentation de la consommation.
A l’ONP, on explique que le gain qui saute aux yeux est la nette amélioration de la qualité. Ce n’est pas un hasard si les professionnels viennent aussi en grand nombre. En effet, leurs produits gardent toute leur fraîcheur, à la fois grâce aux équipements comme la chambre froide (réfrigération constante à 12 degrés), et une logistique (chariots élévateurs, informatisation des transactions, palettes en plastique, balances électroniques…) qui permet la réalisation parfaite de toutes les opérations. Sur les prix, les retombées sont en revanche moins évidentes. En novembre 2008, la sardine était vendue à 3,40 DH quand le merlu, la sole et la crevette rose étaient respectivement négociés à 32 DH, 29,20 DH et 28,78 DH.
Le 26 avril dernier, le kg de sardine avait grimpé à 4,34 DH, alors que ceux du merlu et de la sole avaient baissé à 24,24 et 26,20 DH. Quant aux  crevettes roses, elles étaient plus chères qu’en novembre :  31 DH le kg.
Toutefois, il est important de retenir que ces prix sont donnés à titre indicatif pour plusieurs raisons, entre autres les effets de la grève des transporteurs qui a duré plus de 10 jours et les jours de mauvais temps où les pêcheurs font relâche. Et puis, fait remarquer un professionnel, les arrivages des espèces suivent un effet cyclique qui dépend des saisons, des sorties et des régions où l’on pêche.