Poids lourds : le parc de plus de 20 ans bientôt interdit de circuler !

Le ministère de l’équipement et des transports et celui de l’industrie et du commerce ont engagé des discussions pour rajeunir le parc. Les professionnels comptent sur cette mesure pour relancer des ventes en berne depuis six ans.

Les poids lourds de plus de 20 ans seront bientôt interdits de circuler. Les tractations entre le ministère de l’équipement et des transports et celui de l’industrie et du commerce pour mettre en application cette disposition attendue par les professionnels depuis longtemps sont en cours. Les opérateurs ne cessent de rappeler que la vétusté du parc occasionne depuis des années des soucis majeurs de sécurité, d’environnement et des charges supplémentaires en carburant. «Les accidents de la circulation impliquant ces épaves se multiplient, leurs émissions polluent énormément l’air, tandis que les nouvelles générations de camions et autocars, fabriqués selon les normes Euro 5 et plus, peuvent réduire de plus de 20% les coûts de l’énergie», insistent-ils. Selon la dernière étude du ministère de l’équipement et des transports, la vétusté de ce parc est actuellement très marquée puisque 55% de ces véhicules sont âgés de plus de 10 ans et 22% dépassent 20 ans.

Bien au fait de tous ces enjeux, les deux départements se sont mis d’accord pour amender le code de la route. «Au départ, le ministère de l’équipement et des transports voulait appliquer la disposition à tout le parc en circulation, y compris les véhicules de tourisme. Mais nous avons jugé plus opportun de nous limiter dans un premier temps aux poids lourds pour qu’on puisse amender le texte rapidement, étant donné qu’ils ne représentent qu’une partie très limitée du parc circulant», confie une source au ministère du commerce et de l’industrie qui informe que les décrets sont prêts.

L’idée d’un mécanisme de financement des semi-remorques est soulevée

La même source rappelle que cette mesure est très importante pour les constructeurs et monteurs de poids lourds qui l’ont exigé en tant que condition pour la réalisation des objectifs des contrats de performance signés avec les pouvoirs publics en juin 2016. «Il est clair que le fait d’interdire la circulation du vieux parc générera un chiffre d’affaires important à travers le renouvellement du parc», explique une source au Groupement du poids lourd et de la carrosserie (GPLC). Elle ajoute que le secteur compte en partie sur cette disposition pour faire redécoller les ventes qui sont en panne depuis plus de six ans. En effet, la profession a convenu avec l’Etat de mesures qui concernent l’assouplissement des conditions d’éligibilité à la prime de renouvellement du parc et sa généralisation à tout transporteur disposant de véhicules poids lourds dont l’âge dépasse 15 ans, et la mise en place d’un mécanisme de financement des semi-remorques en partenariat avec les institutions bancaires de la place.

A noter enfin que les nouveaux poids lourds -camions et véhicules industriels- qui assurent 75% des flux des marchandises à travers le territoire national adoptent depuis 2015 un nouveau référentiel de normes techniques devant les équiper. Sur ce chantier, le secteur est toujours en train de se conformer, selon les opérateurs.