Poids lourd : le marché reste atone

Pas plus de 2 800 camions et quelque 500 autobus et autocars vendus en 2016. Les opérateurs misent sur l’interdiction de circulation des véhicules de plus de 20 ans pour faire redécoller le marché du neuf.

Enième année de baisse pour le marché du poids lourd! A l’unanimité, les opérateurs interrogés affirment que les ventes ont enregistré un recul sensible en 2016. Pour certains, la chute atteint 40% ! En 2015 déjà, les ventes de camions industriels avaient dévissé de 17% et ceux des bus et autocars de plus de 30%. En l’absence de chiffres définitifs du Groupement professionnel du poids lourd et de la carrosserie (GPLC) -étant donné que plusieurs opérateurs notamment filiales de maisons internationales n’ont encore pas communiqué leur réalisations-, on estime que les ventes de camions industriels n’ont, à ce jour, pas dépassé les 2 800 unités contre 3 208 en 2015 et 3857 en 2014. Les nouvelles immatriculations de bus et autocars tournent autour de 500 contre 630 en 2015.

La moyenne d’âge du parc est de 15 ans

Depuis 2009, les commandes, à la fois pour l’extension du parc ou l’amélioration des caractéristiques des véhicules, se font rares. Quelques segments, notamment le petit tonnage, le tracteur routier et le transport de personnel, montrent des signes de résistance sans pour autant retrouver durablement leur vigueur de la dernière décennie.

Le ralentissement économique, la montée en force des ventes de l’occasion (entre 2 000 et 3 000 unités sont achetées dans ce circuit selon les professionnels), le manque de visibilité et de confiance des opérateurs, le tassement des grands chantiers structurants et le suréquipement des opérateurs exerçant dans le transport touristique et du personnel sont autant de facteurs invoqués par les opérateurs pour expliquer ce marasme. A cela s’ajoute l’allongement des durées de rétention des véhicules. D’après les données recoupées du ministère du transport et de l’équipement et du GPLC, la moyenne d’âge du parc des poids lourds est de 15 ans. 55% des véhicules sont âgés de plus de 10 ans, dont 22% dépassent 20 ans. Cet état du parc (de 3,5 tonnes jusqu’à 40 tonnes et plus) a poussé les pouvoirs publics à interdire la circulation des véhicules de plus de 20 ans. Cette décision sera appliquée incessamment, selon des sources au GPLC. «Le ministère des transports, de concert avec celui du commerce et de l’industrie sont en train d’arrêter les détails». Cette mesure est soutenue par les opérateurs en tant que préalable à l’exécution de leurs engagements dans le cadre du contrat de performance (structuration en écosystèmes) 2016-2020 signé avec le ministère du commerce et de l’industrie. Pour le secteur, cette nécessité de renouveler le parc vétuste constitue une aubaine pour relancer les ventes du neuf. De plus, les opérateurs estiment que les nouvelles normes techniques déjà en vigueur (twist lock, ceinture de sécurité, feux, ABS, émissions…) constituent également un moyen de doper le marché.