PME : Questions à  Amine Diouri, Responsable études PME chez Inforisk

«L’année 2015 marque un tournant majeur pour la TPME»

La Vie éco : Quelles sont les particularités des petites entreprises en matière de financement ?  

Les grandes entreprises ont une structure de passif radicalement différente des TPE et PME. La part des capitaux propres (comptables et non pas à leur valeur de marché) y est beaucoup plus faible que pour les PME, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elles ont accès à plus de modes de financement, notamment sur le marché financier (actions et emprunts obligataires). De plus, elles ont un pouvoir de négociation considérable dans le cadre du crédit inter-entreprises. Autre point important, ces GE ont un poids considérable dans l’économie qui poussent les banques et les acteurs publics à les sauver en cas de difficultés.

Les PME peuvent-elles accéder à des sources de financement autres que les classiques?

La Bourse de Casablanca pense ouvrir un compartiment dédié aux PME, à l’instar des autres grandes bourses mondiales. L’introduction en bourse permettra à nos PME les plus structurées et les plus performantes d’ouvrir leur capital. Le corollaire de ce compartiment sera de fluidifier le marché du capital-investissement, notamment le segment dédié aux PME, en lui ouvrant une voie naturelle de sortie.

En attendant, comment peut-on résoudre les problèmes décelés par votre étude ?

A mon sens, 2015 marque un tournant majeur pour la TPME. De manière globale, on voit bien dans notre environnement médiatico-économique qu’elle est devenue un sujet central.

Le gouvernement a pris pleinement la mesure des problématiques et défis posés par cette catégorie d’entreprises via la mise en œuvre du plan d’accélération industrielle, permettant aux PME et GE de créer des écosystèmes de partage et de transfert de savoir-faire. D’autre part, l’ANPME devient Maroc PME avec une nouvelle stratégie. Les grandes banques mettent aussi en place des packages destinés spécifiquement aux TPE-PME et promettent davantage. Reste à mon sens un point crucial qui n’est pas encore réglé, la loi sur les délais de paiement et notamment les obligations inhérentes aux entreprises publiques. Plus vite l’application de cette loi sera complètement effective, mieux les entreprises, notamment les plus fragiles, s’en porteront.