Plus de touristes qu’en 2007… mais des hôtels moins fréquentés

Le mois de juillet a permis de redresser la barre pour Agadir et Marrakech. n En sept mois, les arrivées se sont appréciées de 9%, mais les nuitées ont baissé de 6%.

Sans réussir à inverser la tendance baissière des nuitées dans les établissements d’hébergement classés, le mois de juillet s’est achevé pour le tourisme national sur une petite note positive. Comparativement à la même période de l’année précédente, les nuitées et les arrivées ont enregistré chacune une progression de 3%, pendant que les recettes de voyages se sont appréciées de 4% pour atteindre 8 milliards de DH (31,7 milliards en sept mois). Le taux d’occupation, lui, est au même niveau qu’en 2007, soit 50%.

Pour ce qui est des nuitées, indicateur dont l’évolution inquiétait les observateurs ces derniers mois, ce sont les nationaux résidents qui ont permis aux hôteliers de respirer en juillet, enregistrant une progression de 14% par rapport au même mois de 2007.

Baisse de 10 points du taux d’occupation à Marrakech et Agadir
Apparemment, les opérations de promotion qui ont accompagné le début de la saison estivale ont fait leur effet sur le plan interne, en dépit de la conjoncture relativement difficile. C’est dire qu’il y a un segment du marché qui ne demande qu’à être mieux exploité. D’ailleurs, en sept mois, cette clientèle a vu ses nuitées grimper de 10%.

En revanche, il y aura un gros travail à faire sur les marchés étrangers qui accusent un recul de 1%. La défection des Français, principale clientèle, a lourdement pesé dans la balance. En juillet 2007, ils totalisaient 581 931 nuitées contre 532 447 pour le même mois en 2008, soit une chute de 9%. La baisse a été de 22% pour les Britanniques et de 17% pour les Belges. Ce dévissage est amorti par une progression rassurante sur les marchés arabes (+26%), allemand (+9%), espagnol (+21%) et hollandais (+28%).

Mais la situation reste inquiétante si l’on prend en considération les sept premiers mois de l’année puisque, durant cette période, les nuitées des non-résidents ont, dans l’ensemble, baissé de 6 %, à 7,7 millions. En dehors des marchés espagnol (+7%) et hollandais (+27%), les touristes des autres pays émetteurs européens ont passé moins de temps dans les hôtels classés. Les nuitées françaises ont reculé de 9 %, celles des Britanniques de 21% et celles des Allemands de 11%.

Autre point d’inquiétude, celui du marasme que connaît Marrakech. En effet, la progression globale des nuitées en juillet 2008 n’a pas profité à la ville ocre qui a vu les siennes baisser de 5%, ni à Tanger qui accuse un recul de 3%. En revanche, les autres destinations ont connu des hausses appréciables, parfois étonnantes : +19% pour Casablanca, +20% pour Fès, +12% pour Tétouan et Ouarzazate et +35% pour Meknès.

Marrakech souffre davantage quand on cumule les sept mois, pour lesquels elle concède une dépréciation de 7% par rapport à 2007, à 3,3 millions de nuitées. Agadir, qui, en juillet 2008, est restée au même niveau qu’en juillet 2007, subit une perte identique sur sept mois : – 7%, à 2,65 millions de nuitées. Les autres villes affichent, elles, toutes une courbe ascendante sur les sept mois de l’année. Casablanca progresse de 12 %, Fès de 6%, Rabat de 5% et Tanger de 3%, Tétouan de 8% et Meknès de 6%.

Il faut dire que ces destinations ont encore une marge de progression importante au regard des taux d’occupation. En effet, les hôtels de Marrakech et d’Agadir restent en tête avec des taux de remplissage respectifs de 58% et 56%. Mais en perdant chacune 10 points par rapport aux sept premiers mois de l’année dernière, elles ont tiré vers le bas cet indicateur qui en perd 4, à 46%.

Casablanca a contribué dans une moindre mesure à ce reflux. Pour le seul mois de juillet, elle a enregistré une certaine amélioration (59% en juillet 2007 contre 61% en juillet 2008), mais pour les sept premiers mois, elle est passée de 58% à 53%. En revanche, Tanger réalise un gain de 16 points en juillet, à 78%, et voit son taux d’occupation passer de 48% à 54% sur les sept premiers mois. D’autres villes comme Rabat et Fès ont suivi la même tendance.

Pour terminer, il faut enfin relever que la baisse des nuitées et la situation contrastée que connaissent les principales destinations ne peuvent être imputées à l’évolution des arrivées internationales. Celles-ci ont progressé de 3% en juillet 2008 par rapport au même mois de 2007. Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont vu leur nombre augmenter de 3%, alors que celui des touristes étrangers est resté pratiquement stable (+1%). Mieux, au terme des sept premiers mois de l’année, les arrivées de non-résidents, s’apprécient de 9% (+13% pour les MRE et + 6% pour les touristes étrangers).

Encore une fois, et on ne cessera de le dire, la réalité du secteur est que beaucoup de touristes se retrouvent dans des lieux d’hébergement non classés. Un modèle est en train de muer mais les opérateurs du secteur n’ont pas encore bien saisi où va le vent. Et pour cause, en l’absence de recoupements fins, il est difficile de savoir qui de la récession économique en Europe ou l’émergence de structures touristiques non classées affecte le plus le tissu hôtelier.