Plus de prise en charge pour les malades

Les compagnies d’assurances ont rompu unilatéralement la convention qui les lie aux cliniques privées.

Depuis lundi 2 juin, aucune prise en charge n’est accordée aux 800 000 assurés qui ont bénéficié, depuis 1998, de la convention du tiers payant liant les compagnies d’assurances aux cliniques. La Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR) a en effet décidé, à l’issue de la réunion tenue avec les cliniques privées, de suspendre la convention.
Régissant les rapports entre producteurs de soins et assureurs, cette convention fixe la nomenclature et la tarification des actes médicaux. Aujourd’hui, l’Association nationale des cliniques privées (ANCP) et les assureurs n’arrivent pas à s’entendre sur la mise à jour de cette nomenclature et la revalorisation du coût de l’acte médical.
Les assureurs dénoncent les surfacturations
Les assureurs ont proposé de porter le coût de l’acte médical de 25 à 35 DH avec, en parallèle, une réduction ou forfaitisation du coût de certaines prestations. A titre d’exemple, la césarienne facturée à 10 500 DH est ramenée à 8 000 DH et un forfait a été fixé pour les soins en neurologie. Ces propositions sont rejetées par l’ANCP. Son président, Fouad Iraki, estime «qu’étant donné la situation de crise que connaissent les cliniques, la réduction et la forfaitisation des coûts porteront un coup dur au secteur. Aucune clinique ne peut travailler avec ces prix-là». Les contre-propositions faites par les patrons de cliniques portent sur une augmentation de 8% à 10% pour certains points, notamment la pharmacie et le prix de la chambre. «C’est une augmentation symbolique que nous sommes prêts à accepter pour débloquer la situation. Nous demandons également de porter le coût de l’acte médical à 40 DH au lieu des 35 prévus par les assureurs» , ajoute le président de l’ANCP.
Les compagnies d’assurance, elles, estiment qu’il est difficile de revoir les propositions car «il y a beaucoup d’abus au niveau de la facturation et le secteur ne peut plus assurer à ce prix à moins d’augmenter la prime car la branche maladie est déficitaire».
Les deux parties sont convenues de se rencontrer le 11 juin pour trouver un terrain d’entente. Ce qui ne semble pas simple vu l’intransigeance des parties qui se disent quand même «prêtes à continuer à collaborer mais pas à n’importe quel prix».
A la veille de cette ultime rencontre, l’ANCP estime qu’il «faut maintenir les discussions et peut être même demander des arbitrages même si manifestement les assureurs ne veulent pas faire d’efforts, sinon ils n’auraient pas suspendu la convention». Ce qui est confirmé auprès de la FMSAR, qui explique : «nous avons décidé unilatéralement de suspendre cette convention et il n’est pas possible de continuer dans les mêmes conditions».
En attendant une issue, ce sont 800 000 assurés qui se trouvent coincés. Une fois encore, comme pour l’assurance accidents du travail, les assureurs sont restés inflexibles