Plus de la moitié des produits exportés disparaissent un an après leur accès au marché

Le taux de survie des exportations marocaines est de 44% contre 60% pour la Turquie et 50% pour la Tunisie. La disparition précoce est expliquée par la rareté de nouveaux exportateurs, l’absence de veille commerciale, la faible teneur en valeur ajoutée et la non-compétitivité de l’offre marocaine.

Le marché international demeure particulièrement difficile à pénétrer pour les nouveaux produits marocains. C’est ce qui ressort de la dernière étude de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) concernant les possibilités d’exportation. D’après cette étude, seuls 44% des produits survivent un an après leur première apparition sur un marché donné. Ce ratio se situe à 60% pour la Turquie et la Roumanie, 50% pour la Tunisie et 49% pour l’Egypte. Depuis environ 20 ans, la croissance des exportations a été essentiellement soutenue par les ventes des produits existants sur les marchés d’exportation traditionnels et des produits existants dans les marchés nouvellement explorés. «Cela illustre que l’offre exportable marocaine est caractérisée par une concentration frappante des produits et des marchés», commente un consultant en commerce international. En effet, l’étude démontre que 80% de la valeur des exportations globales en 1998 émanaient de 3,5% seulement des produits exportés et de 6,4% des marchés desservis (9 pays). En 2012, cette même proportion est réalisée avec 2,9% des produits à destination de 11,4% des marchés (20 pays).

L’absence de veille commerciale réduit les opportunités d’exportation

Outre le peu de diversification des produits et des marchés, les exportations sont réalisées par un groupe restreint d’entreprises. La part des nouvelles entreprises dans les exportations totales «est encore très faible (+0,02% par an) eu égard au niveau de croissance du pays», note la DEPF.
L’étude explique le taux de survie relativement faible par d’autres facteurs. En premier lieu, l’absence de veille économique et commerciale pour un bon nombre d’opérateurs qui continuent à exporter leurs produits basiques sans s’informer des avancées réalisées par leurs concurrents. De plus, l’absence d’un avantage concurrentiel notable et la faible teneur en valeur ajoutée rendent les produits facilement remplaçables. D’autant plus que pour plusieurs produits exportés, le renchérissement du coût de revient, suite à des soubresauts dans le prix des intrants, pousse les opérateurs à arrêter pour des raisons de rentabilité. Par ailleurs, pour quelques secteurs, notamment liés à l’agriculture, la disponibilité des produits en amont peut conditionner leurs exportations et, partant, leur taux de survie.