Plus de 9 500 voitures achetées par les opérateurs de la LLD en 2014

Ils veulent atteindre 12% des ventes annuelles de voitures neuves en 2020. Pour doper leur activité, ils visent en premier lieu les PME, les groupes privés et les TPE dans une moindre mesure. Evoluant plus vite que le VP, c’est le segment de l’utilitaire qui est censé porter la croissance du secteur.

Les professionnels de la location longue durée dévoilent leurs ambitions. Pour eux, la part de la LLD dans les ventes automobiles nationales est passée de 2% en 2005 à 8% en 2014. Une évolution significative, mais on est encore loin de la part des marchés plus matures. En France, par exemple, cette proportion est de 18%. Les loueurs longue durée visent ainsi 12% des ventes annuelles de voitures d’ici 2020.  Pour ce faire, le terrain semble bel et bien balisé. L’activité devient de plus en plus connue chez la majorité des entreprises. «Bien qu’elle ne soit pas encore courante chez les groupes privés, elle est adoptée par la majorité des établissements publics, et perce rapidement chez les PME», note Younès Senhaji, président de l’Association des loueurs de véhicules longue durée (Analog). En effet, les loueurs ciblent en premier lieu ce tissu d’entreprises parce que, d’une part, il est le plus répandu et, d’autre part, de plus en plus de PME commencent à apprécier les avantages de confier la gestion de la flotte à un professionnel.

En deuxième lieu, la demande viendra des groupes privés qui sont actuellement en mode d’acquisition par crédit bancaire ou leasing, mais qui souhaitent externaliser leurs parcs qui s’agrandissent d’année en année. La TPE représentera également une partie de la demande, mais les opérations vont être traitées au cas par cas en raison du risque financier inhérent à cette catégorie d’entreprises, selon M. Senhaji.  Par segment, quelques professionnels sondés estiment que c’est surtout l’utilitaire qui pourra porter cette croissance. «Ce segment évolue plus vite parce que l’extension de la flotte d’exploitation va de pair avec le développement des entreprises, à la différence des voitures de direction dont le nombre est censé être plus stable», explique un loueur. De son côté, Frédéric Banco, DG d’ALD Automotive, pense que la croissance espérée va se faire de la même manière à la fois sur le segment des véhicules particuliers que sur celui de l’utilitaire.

Des remises exceptionnelles pour les administrations  

Notons que le parc roulant est composé à hauteur de 76% de véhicules à 5 places (véhicules particuliers) et de 24% de véhicules à 2 places, notamment les camionnettes, fourgons et pick-up. Cela dit, le ludospace (qui est répertorié en tant que VP selon l’AIVAM) est très présent dans les parcs loués. «En gros, 50% du parc des sociétés de location longue durée est composé de fourgonnettes 2 places pour le transport de marchandises et 5 places pour le transport des personnes»,estime M. Senhaji.Il faut dire que si les loueurs ont acheté plus de 9 500 véhicules en 2014, c’est parce qu’ils sont très encouragés par les concessionnaires qui les considèrent comme des distributeurs à part entière et les poussent à faire appel à eux au maximum. A ce titre, vu qu’il ne s’agit pas du même volume de voitures à acheter, les négociations des concessionnaires avec les loueurs longue durée ne répondent pas à la même logique que celles avec les particuliers.

Selon le patron d’ALD Automotive, leader du secteur, chaque année les constructeurs proposent des niveaux de remises protocolaires aux loueurs qui sont formalisés dans le cadre de conventions commerciales liant les deux parties. «Ces remises diffèrent d’un concessionnaire à l’autre mais vont en moyenne de 8% à 15% selon plusieurs paramètres, dont le modèle, les futurs lancements de nouvelles voitures sur l’année, le nombre de véhicules commandés, et l’intérêt clientèle que représente le loueur pour le concessionnaire», ajoute le directeur financier d’un grand opérateur de la place. De plus, les constructeurs font généralement un effort additionnel sur ces niveaux de remises quand il s’agit de grands appels d’offres (accords spécifiques) pour l’acquisition d’un parc selon les spécifications préalables de l’entreprise cliente de la société de LLD. Par exemple, une grande administration publique qui souhaite avoir une centaine de voitures d’un modèle donné et qui sera géré par un professionnel de la LLD.

Dans ce cas de figure, les remises accordées vont au-delà des remises protocolaires et le différentiel se retrouve au niveau des loyers qui deviennent plus bas et bénéficie de ce fait au client final. «Pour les remises protocolaires le raisonnement est par unité, tandis que pour les appels d’offres les ristournes dépendent surtout des quantités selon les marchés», résume M. Senhaji. Du côté des concessionnaires, l’on insiste sur le fait que les mêmes niveaux de remise sont accordés à toutes les sociétés de LLD dans le cadre de ces grands appels d’offres pour ne pas biaiser la concurrence.