Plus de 60 millions de quintaux de céréales à  importer d’ici juin 2008

La moitié des importations constituée de blé tendre
Les opérateurs réclament la baisse des droits de douane dès à présent
Ils souhaitent utiliser les autres ports en même temps que celui de Casablanca pour éviter des perturbations.

Compte tenu de la mauvaise récolte cette année (environ 20 à 21 millions de quintaux de céréales, selon les estimations), le Maroc devra importer plus de 60 millions de quintaux, toutes céréales confondues, en un an. La moitié de ce tonnage sera constituée de blé tendre (30 millions de qx), et l’autre moitié de maïs (15 millions de qx), d’orge (8,5 millions de qx) et de blé dur (7 millions de qx).
La récolte de l’actuelle campagne n’assurera même pas les 12 millions de quintaux de blé tendre destinés à la fabrication de 10 millions de quintaux de farine nationale de blé (FNBT).

Selon des estimations, la récolte de blé tendre sera tout au plus de 10 millions de quintaux, dont seulement 5 millions seront collectés. Le déficit est donc important.

La Fédération nationale des céréales et légumineuses (FNCL), qui fournit ces chiffres, appréhende les conséquences qui pourraient découler de cette situation. Pour éviter les ruptures d’approvisionnement, les engorgements dans les ports de débarquement, la FNCL insiste sur l’importance pour les opérateurs d’avoir «de la visibilité» quant au programme d’importation dans le cadre des contingents de l’Union européenne et des Etats-Unis.

Des réunions ont déjà eu lieu avec l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (ONICL) et d’autres interviendront au cours de cette semaine. Les opérateurs veulent en particulier savoir à quelles dates seront lancés les appels d’offres, pour quelles quantités et sur quelles périodes. Mais les importations dans le cadre des contingents UE et USA sont tout à fait négligeables : 1,7 million de quintaux de blé tendre.

Régler les difficultés logistiques
Outre la visibilité sur le programme des contingents, la FNCL estime absolument indispensable, si l’on veut que l’approvisionnement du pays se fasse dans des conditions satisfaisantes pour tous, que l’administration revoie rapidement à la baisse les droits de douane (pour les importations hors contingent, c’est-à-dire les plus importantes en termes de tonnage). Selon certaines sources, le ministère de l’agriculture est d’accord sur cette baisse.

Aujourd’hui, les droits de douane sur le blé tendre sont de 60% (depuis février dernier) et les opérateurs voudraient les voir ramener à environ 30% afin de respecter le prix cible qui est de 258 DH/q. Or, à la date du 30 mai 2007, le prix de revient du blé tendre d’origine française par exemple, affiché sur le site de l’ONICL, était de 287,41 DH/q. Le blé argentin est lui à 326 DH/q et l’américain entre 289 et 305 DH/q, selon la variété.

L’autre problème qu’appréhendent les opérateurs concerne la logistique. Comment importer 60,5 millions de quintaux en moins d’un an (certaines céréales doivent être importées sur une période de six mois, comme l’orge), soit une moyenne de 6 millions de quintaux par mois. Le port de Casablanca, où sont débarqués 80% des importations, subit en ce moment des travaux.

Pour éviter des perturbations, les opérateurs souhaitent être encouragés à utiliser les autres ports du pays, en ayant par exemple un soutien aux frais de transports…

Focus
Quand et combien ?

Selon la Fédération nationale des céréales et légumineuses, les importations de céréales doivent être réalisées dans les périodes suivantes :

– 30 millions de qx de blé tendre sur dix mois ; – 15 millions de qx de maïs sur douze mois ;
– 8,5 millions de qx d’orge d’ici le 31 décembre ;
– 7 millions de qx de blé dur sur dix mois.