PLF 2014 : L’opposition estime que ce projet ne pourra pas relancer l’économie

Le projet de loi de finances pour l’exercice 2014 (PLF), discuté lundi par la Commission des finances, de l’équipement, de la planification et du développement régional à  la Chambre des conseillers, a déclenché des réactions différentes, allant de la critique de l’opposition au soutien de la majorité.

Lors de la première plénière, l’opposition a jugé que le PLF, qui manque de vision politique pouvant constituer le socle de toute action de développement, ne comprend pas des mesures susceptibles de relancer l’économie et d’encourager les petites entreprises.

Il s’agit d’un projet qui impacte négativement le pouvoir d’achat des citoyens, à travers une batterie de mesures visant à geler la promotion et à réduire les dépenses de la compensation, selon les groupes de l’opposition.

L’opposition n’a pas digéré que le PLF soit préparé sur la base d’une loi organique des finances « dépassée » et non conforme à l’esprit de la nouvelle Constitution, qualifiant d’hyper optimistes les hypothèses dudit projet, relatives au déficit budgétaire et au taux de croissance, qui ne prennent pas en considération la conjoncture nationale.

Elle a, en outre, reproché l’adoption des mêmes mesures de compensation adoptées auparavant, jugeant que le gouvernement n’a pas réussi à réformer les systèmes fiscal, des salaires et de la retraite, à combattre l’économie de rente et à faire face au déséquilibre de la balance commerciale.

Pour leur part, quelques composants de la majorité ont estimé qu’il fallait prendre en considération le contexte de la préparation du projet de loi des finances, marqué par une crise politique qui a duré des mois après la sortie du Parti de l’Istiqlal de la majorité pour rejoindre l’opposition.

Cependant, la majorité a annoncé son soutien au PLF n’adoptait pas le même discours sur les grandes orientations dudit projet. Ainsi, le groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI) a considéré que ce projet ne pourra pas répondre à toutes les aspirations des Marocains et préserver les équilibres économiques et financiers, se félicitant de la transparence et de la crédibilité du gouvernement dans l’annonce des chiffres, et des pratiques de la bonne gouvernance dans la gestion.

Il a également relevé les progrès réalisés au niveau de la mise en oeuvre du budget, appelant le gouvernement à redéfinir les priorités et à éviter les conflits inutiles, tout en accélérant le parachèvement de l’édifice institutionnel et en apportant le soutien à la production.

Quant au groupe de l’Alliance socialiste, il a considéré que le budget a progressé timidement, tout en s’interrogeant sur le rôle joué par le secteur privé dans un contexte marqué par l’aggravation des déséquilibres économiques.

Après avoir appelé à revoir le programme gouvernemental pour qu’il réponde aux orientations royales, notamment dans les secteurs de l’éducation, la justice, la législation et de l’intégrité territoriale, le groupe a mis l’accent sur la nécessité de redéfinir le modèle de développement du Maroc.