Plans d’aménagement de Casablanca : il faudra attendre jusqu’en juillet 2011

Les documents sont en cours de préparation. Deux plans qui étaient prêts et sur le point d’être publiés ont été retardés après le changement à  la tête de l’Agence urbaine.
Les plans d’aménagement concerneront 25 000 nouveaux hectares urbanisables dont 5 000 seront dédiés au résidentiel.

La ville de Casablanca n’aura finalement ses plans d’aménagement que dans sept à huit mois. Le deadline a été fixé pour juillet prochain, selon des sources proches de l’Agence urbaine de la capitale économique. Souvent annoncée et à maintes fois reportée, la promulgation des 31 plans d’aménagement, qui devraient réglementer les droits d’utilisation des sols dans la métropole, est attendue depuis longtemps notamment par les professionnels de l’immobilier. La publication, début 2009 déjà, du schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) a laissé croire que ces textes d’application n’allaient pas tarder à voir le jour. Déception. Les promoteurs devront encore patienter.

Retour à la case départ

Selon des sources proches du dossier, les changements intervenus à la tête de l’Agence urbaine de Casablanca seraient à l’origine de ce nouveau report. «Consciente de l’importance et de la sensibilité du dossier, la nouvelle équipe prend le temps de bien l’étudier avant d’entamer les dernières démarches pour sa promulgation», confient ces mêmes sources. C’est d’ailleurs pour cette raison principalement que l’on a suspendu la promulgation de plans relatifs à certains quartiers de la ville, dont celui de Hay Hassani, alors que les esquisses des plans d’Anfa, Maârif et Sidi Belyout ont été présentés au Conseil de la ville le 12 janvier dernier déjà. En tout, dix plans sur les 33 devaient être promulgués avant juin 2010. Une fois réexaminés par la nouvelle direction de l’agence, les documents emprunteront encore une fois le circuit depuis le début. Ils seront soumis au Conseil de la ville où ils seront l’objet de débat entre ses membres. «Les plans d’aménagement doivent refléter l’esprit démocratique qui devait régir la gestion des affaires publiques locales», indique un responsable à l’Agence urbaine. C’est pourquoi on passera ensuite à la consultation «populaire» qui sera une étape importante dans le processus d’élaboration de ces textes. Des registres seront ainsi ouverts dans toutes les communes pour permettre aux citoyens concernés, notamment ceux qui s’estiment lésés par les directives des plans, d’émettre leurs observations et, le cas échéant, leurs réserves. L’ensemble des remarques sera ensuite examiné par les Conseils communaux. Ces derniers transmettront les résultats à l’administration qui tranchera avant de produire la version finale du plan.
En attendant, c’est le provisoire qui dure dans le domaine de l’urbanisme à Casablanca. Les derniers documents d’urbanisme étaient échus depuis 1998. Raison pour laquelle d’ailleurs l’administration avait mis en place, en 2003, le système des dérogations. Plus récemment, l’Agence urbaine a instauré un autre dispositif dit de pré-inscriptions qui permet aux promoteurs d’obtenir les autorisations dans un délai de quatre semaines. Mais cette mesure  concerne principalement les projets du logement social.

Le logement social accapare la part du lion

Pour les dossiers concernant les autres segments, c’est par contre le flou qui règne. Au grand dam des promoteurs immobiliers qui ne savent à quel saint se vouer tellement ce facteur d’incertitude concernant une principale composante de leur activité, en l’occurrence le foncier, s’ajoute aux aléas du secteur. «Notre activité souffre énormément de cette situation car nous avons moins de visibilité et cela nourrit la spéculation», déplore Youssef Ibn Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). En fait, l’absence de plans d’aménagement laisse place aux rumeurs et aux informations non vérifiées sur l’état et la nature du foncier qui pourra être exploité dans la capitale économique. D’autant que la métropole souffre d’une insuffisance notoire en foncier.  Les promoteurs immobiliers estiment les besoins en termes de foncier urbanisable à 800 ha annuellement pour accueillir quelque 35 000 logements sans oublier les équipements, les locaux à usage professionnel et industriel et les espaces verts, souligne Iqbal El Kettani, directeur délégué de la FNPI. La superficie générale concernée par le SDAU et les plans d’aménagement couvre 25 000 ha de nouveaux terrains urbanisables dont 5 000 seront dédiés au résidentiel. Dans cette dernière partie, la part du lion reviendrait au logement social auquel seront réservés 3 900 ha. Quant aux 20 000 ha restants, ils seront affectés aux zones d’activité qui englobent des espaces aménagés par les différentes collectivités locales en vue de les vendre à des entreprises pour l’exercice de leurs activités économiques. Généralement, elles abritent des bureaux, des bâtiments industriels, des entrepôts et, le cas échéant, des prestations collectives.