Plan Maroc Vert : un bilan plus qu’honorable pour la première année

Le montant des investissements réalisés durant cette année dans le secteur agricole s’élève à  12 milliards de DH.
Les banques s’engagent à  réserver près de 80 milliards de DH au financement des projets du Plan Maroc Vert.
Le Fonds Hassan II financera, en partie, 500 projets pour la mise à  niveau de la petite agriculture.

Tout le monde savait que la campagne agricole 2008-2009, grâce aux généreuses précipitations, allait être particulièrement fertile. Mais peu avait une idée du chiffre annoncé par le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch : 102 millions de quintaux pour la récolte céréalière (voir cet article), déclarait le ministre dès le début de son discours prononcé lors des deuxièmes assises de l’agriculture, mardi 21 avril, à Meknès, et qui ont connu une affluence particulière. Membres du gouvernement venus en nombre important, acteurs économiques, présidents de régions, agriculteurs… Salle comble pour un espace de conférence d’une capacité de 1 000 personnes.
Dressant le bilan du
Plan Maroc Vert, lancé lors des premières assises de l’agriculture en 2008, M. Akhannouch a souligné que le montant des investissements réalisés, depuis, dans le secteur agricole, se sont élevés à 12 milliards de DH.  Les investissements portent sur des projets d’élevage, de cultures de céréales, et de fruits et d’olives, et proviennent, pour une part significative, d’opérateurs étrangers, notamment dans le cadre des concessions des terres Sodea-Sogeta. «Un attrait, qui s’explique par la bonne réputation du Plan Maroc Vert» à l’échelle internationale, comme l’a rappelé le ministre.
Ces performances remarquables auront indubitablement des retombées positives sur l’amélioration du PIB agricole qui devrait atteindre, en 2020, 100 milliards de DH contre 38 milliards de DH actuellement.
Quinze à vingt chantiers qui constituent l’ossature du Plan Maroc Vert sont en cours de réalisation, malgré quelques entraves constatées au niveau du financement de certains projets.
Toujours selon le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, 900 à 1 000  projets vont être réalisés dans le cadre des 16 plans régionaux. Ces projets font partie du Pilier I qui vise le développement accéléré d’une agriculture moderne, compétitive, à haute valeur ajoutée et adaptée aux règles du marché. Les travaux sont déjà bien avancés et contribueront à l’amélioration de la productivité de quelque 500 000 ha avec pour cible près de 400 000 exploitants.

Les revenus des ruraux multipliés par trois
En ce qui concerne les programmes régionaux du Pilier II (dédié à la mise à niveau de la petite exploitation), leur mise en place a été retardée en raison de certains problèmes liés au financement.  Cela dit, les pouvoirs publics ont réussi à lancer le processus en mettant à contribution le Fonds Hassan II pour le développement qui financera, en partie, les 500 projets prévus dans ce volet.
Des organismes étrangers vont également participer au financement de ces projets. Il s’agit de Global Environment Facility (GEF), le Fonds international pour le développement agricole (FMDA) et l’Agence française pour le développement (AFD). Les projets des deux Piliers vont générer par ailleurs 1 à 1,5 million de postes d’emplois et réduiront également la pauvreté en multipliant par 2 ou 3 les revenus de millions de ruraux.
Sur le plan institutionnel, bon nombre de réalisations ont vu le jour. Outre la restructuration des services centraux du ministère de l’agriculture et des Chambres d’agriculture, des instances ont été créées afin d’accompagner le Plan Maroc Vert telles que l’Agence de développement agricole (ADA) et l’Office national de la sécurité sanitaire des aliments.
Par ailleurs, il a été procédé au lancement d’agropoles qui ont pour objectif d’accroître le taux de valorisation des produits agricoles. En tout, six agropoles devront être mis en place en partenariat avec les ministères de l’économie et des finances, de l’intérieur, du commerce et de l’industrie. D’autres secteurs ont été associés à ce vaste chantier, notamment la formation (20 000 à 25 000 techniciens doivent être formés) et l’irrigation dont l’importance est primordiale.
«Les importantes réalisations accomplies jusqu’à présent sont une source de motivation pour avancer avec une plus grande célérité et davantage d’efficacité. Car il s’agit là d’un chantier majeur et vital, d’un processus ardu qui nécessite un travail de longue haleine, une large concertation et un partenariat fructueux», dit le message adressé par le Roi Mohammed VI  aux participants à ces assises organisées sous le thème : «Les régions au cœur du Plan Maroc Vert».  Le message est clair, la réussite du
Plan Maroc Vert ouvre des perspectives pour un Maroc résolument déterminé de passer d’une agriculture traditionnelle à une agriculture moderne, productive et compétitive.