Plan Maroc Vert : l’Oriental tient ses promesses !

Près de 40% des investissements prévus dans le cadre du Pilier I sont déjà  lancés .30 projets ont été concrétisés pour les grandes cultures, soit 58% de plus que ce qui était prévu. L’économie d’eau et le soutien aux agriculteurs parmi les priorités.

Si l’Oriental n’a pas encore livré tout son potentiel dans certains domaines comme l’énergie, le tourisme ou les mines, force est d’admettre que le secteur agricole s’y est développé de façon exponentielle ces cinq dernières années. Le récent bilan du plan agricole de la région, arrêté à fin 2013, fait en effet état de réalisations qui ont largement dépassé les attentes.
Ainsi, au niveau du pilierI du Plan Maroc Vert, 14 projets d’agrégation ont été lancés sur un total de 41 programmés à l’horizon 2020 au niveau de la région. Ils portent sur des investissements de l’ordre de 1,9 milliard de DH, ce qui représente 37% de l’investissement global prévu à l’échéance du plan (5,1 milliards de DH). Huit projets sont à un stade de réalisation avancé et concernent les filières des agrumes, du lait, du sucre et des pommes de terre. Les six autres projets en sont au stade de la concrétisation. Ils portent, entre autres, sur la production et la valorisation des olives, des céréales et de volaille. En outre, ce ne sont pas moins de 53 projets individuels et de coopération entre l’Etat et le privé qui ont été initiés. Ils couvrent 10196 hectares pour un investissement global attendu de 2,4 milliards de dirhams.
Concernant le pilier II, relatif aux grandes cultures, le bilan à fin 2013 dépasse ce qui est attendu à l’horizon 2020 selon les chiffres fournis récemment par la Direction régionale de l’agriculture (DRA) pour l’Oriental. Alors que le plan régional ne portait que sur 19 projets, ce ne sont pas moins de 30 projets qui ont été lancés.

L’agropole de Berkane prend forme

Première culture concernée, l’olivier, avec pas moins de 17 projets lancés à ce jour. Quelques indicateurs chiffrés renseignent déjà sur le travail accompli : la superficie couverte par l’olivier dans l’Oriental est passée de 63000 hectares avant la mise en œuvre du PMV à 84000 ha actuellement, soit une extension de 21000 hectares en l’espace de 5 ans à raison d’une moyenne de
4 200 hectares par an. Pour la seule année de 2013,
5 600 hectares ont été nouvellement plantés. Pour 2020, le plan prévoit d’atteindre une superficie globale de 124000ha.
Les agrumes ne sont pas en reste. Selon le dernier bilan de la DRA de l’Oriental, la superficie couverte est passée de 15 900 à 18 700 ha pour un objectif final de 19 400 ha en 2020. A cela s’ajoutent la réalisation de quatre nouvelles stations de conditionnement et le renouvellement de neuf autres, sachant que la région compte au total 20 stations qui devront passer à 25 en 2020.
La même tendance d’avancement est également observée pour d’autres filières comme les cultures sucrières (une production de 360 000 tonnes atteinte contre un objectif de 350000 t à fin 2020), les amandes (15000 ha pour 18500 ha prévus en 2020) ou encore la filière du lait et des dattes.
La montée en puissance de l’agriculture dans la région de l’Oriental suppose aussi l’existence en aval d’industries de transformation pour mieux valoriser les produits, de préférence localement, et, d’un autre côté, des industries d’accompagnement (équipements, engins, irrigation, conseil, études et analyses…). C’est ce qui explique la décision du ministère de doter la région d’une agropole située à Berkane. Le site s’étendra sur une superficie de 19,5 hectares. Sur 63 lots de terrains, une trentaine a déjà trouvé preneur, deux unités sont déjà opérationnelles et trois en cours de réalisation.
Une priorité pour l’Etat est également l’installation du dispositif hydro-agricole au niveau de l’arrondissement Tafarta dans la province de Taourirt et qui devra bénéficier à quelque 525 agriculteurs, qui disposeront de 10 millions de m3 d’eau selon le système d’irrigation au goutte-à-goutte. Coût du projet : 293 MDH. La première tranche avait été lancée en 2013. Finalisée à hauteur de 100%, c’est actuellement la seconde tranche qui est en cours de réalisation. L’économie de l’eau figure également au centre des préoccupations. Sur les projets lancés depuis le début du programme pour rationaliser les dépenses en eau, 54% ont pu être réalisés et ont concerné près de 2 000 hectares par an. Des économies conséquentes en eau ont déjà pu être enregistrées, puisque 30 millions de m3 d’eau réservée à l’irrigation ont pu être épargnés.
Concernant les aides accordées aux agriculteurs via le Fonds de développement agricole, elles ont été distribuées comme suit : 17% pour le matériel agricole, 6% pour la distribution des produits importés, 8% pour la plantation d’arbres agricoles et 3% pour la densification de la production animale, alors que les équipements hydro-agricoles se taillent la part du lion, totalisant à eux seuls 65%.