Plan Maroc Vert : le cercle vertueux est enclenché

Dans le domaine de l’agriculture solidaire, 474 projets requérant un investissement total de 13,1 milliards de DH seront lancés à  fin 2014. Les investissements agricoles multipliés par deux. La disponibilité alimentaire nationale a augmenté de plus de 80 kg/habitant.

Comme par le passé, l’édition 2014 des Assises de l’agriculture, organisée le 23 avril à Meknès, a attiré beaucoup de monde : de nombreux invités et participants venus de toutes les régions du Maroc et d’autres pays de tous les continents. Fait marquant: la manifestation a eu lieu en présence de deux présidents africains, Ibrahim Boubakar Keita du Mali et Alpha Condé de la Guinée Conakry, ainsi que le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva. Six ans après le lancement du Plan Maroc Vert (PMV), ce fut donc un cadre idéal pour Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, de revenir sur les actions menées dans le cadre du plan en faveur de «l’agriculture familiale», thème des ces assises.

Le ministre a insisté sur le lien social renforcé grâce aux projets d’agriculture solidaire inscrits dans le pilier II du PMV. En effet, 715 000 ménages marocains ont été touchés avec un fort engagement pour la création de coopératives féminines autour des produits du terroir puisque 245 coopératives ont été créées pour la seule année 2013.

M. Akannouch a annoncé que 474 projets d’agriculture solidaire requérant un investissement total de 13,1 milliards de DH seront lancés à fin 2014. Si l’on y ajoute les réalisations, ils permettront d’améliorer les revenus par bénéficiaire de 5000 DH par an en moyenne.

Eu égard aux enjeux socio-environnementaux majeurs autour de l’agriculture, les pouvoirs publics ne comptent pas relâcher leurs efforts. Bien au contraire. Dans son intervention, le ministre a affirmé que «notre réussite est celle de nos agriculteurs, de leur cœur, leur courage, leur savoir-faire et leurs sacrifices. A nous, aujourd’hui, de leur fournir les moyens qu’ils méritent et qui leur sont nécessaires pour démultiplier l’impact de leurs efforts».
Ainsi, des outils dédiés au développement des zones rurales et de montagne ont été mis en place. Une enveloppe de plus de 3,3 milliards de DH issus du Fonds de développement rural (FDR) est mobilisée.

L’expérience marocaine prise comme modèle en Afrique

Parmi ces enjeux majeurs pour l’agriculture, il ne faut pas oublier le rôle clé pour la conservation de la biodiversité nationale, en particulier les zones oasiennes et de l’arganier ainsi que les zones de montagne, de même qu’une adaptation progressive aux changements climatiques. Dans ce contexte, 50 millions d’arbres ont été plantés, augmentant le potentiel de séquestration de carbone de 62 à 169 Mt équivalent CO2. Sur le plan mondial le Maroc bénéficie de la confiance du Fonds pour l’environnement mondial (FEM/GEF) qui lui a accordé un don de 141 MDH.

Pour le moment, les résultats du PMV suivent. L’agriculture a visiblement retrouvé son rôle de moteur de croissance économique pour le Maroc. Le PIB agricole a augmenté de 43% entre 2008 et 2013 au lieu de 23% pour le reste de l’économie. Sur la  même période, la production végétale moyenne est passée de 2,8 t/ha à 3,5, soit une création de valeur additionnelle de 11,6 milliards de DH. Même tendance pour la production animale puisque le poids moyen de la carcasse bovine est passé de 176 à 212 kg, soit 2,7 milliards de DH supplémentaires. La production a également augmenté très sensiblement dans plusieurs autres filières: +70% pour l’arboriculture fruitière, +15% pour le maraîchage, +77% pour les agrumes, +105% pour les olives…

La disponibilité alimentaire nationale a ainsi augmenté de plus de 80 kg/habitant et la disponibilité énergétique de plus 15%, à 3 680 kilocalories par jour et par habitant. Ces performances sont accompagnées d’une meilleure utilisation de la ressource hydrique avec un équipement accéléré en goutte-à-goutte. En effet, les superficies équipées ont augmenté de 173%, passant de 187 000 ha à 360000 ha.
Pour obtenir ces avancées, les investissements ont été multipliés par 2 environ avec une forte diversification des sources de financement. De 7,4 milliards de DH en 2008, ils sont montés à 13,8 milliards.

Les présidents malien et guinéen sont séduits par l’expérience marocaine et veulent s’en inspirer pour lutter contre la pauvreté et assurer l’autosuffisance alimentaire dans leurs pays respectifs. Quant à José Graziano da Silva, qui a salué la réalisation par le Maroc des objectifs du Millenium, deux ans à l’avance, il a rappelé que la décision de dédier 2014 à l’agriculture familiale est mue par l’objectif d’assurer la sécurité alimentaire dans le monde. Ce mode d’exploitation fournit en effet 80% des besoins. Son développement, a-t-il ajouté, est un challenge et il est plein d’opportunités. L’agriculture familiale permettra, à son avis, la production de valeurs, l’essor du marché du travail et la résolution de nombreux conflits.