Plan Maroc Vert : La tendance haussière de la production se maintient

Le secteur agricole n’a plus rien à voir avec les années d’avant 2000. Les agriculteurs sont mieux encadrés et mieux soutenus, de gros investissements ont été réalisés par le public et le privé, et la production a suivi.

Le secteur agricole a fait l’objet d’une approche filière, imaginée et appliquée par le Plan Maroc Vert (PMV), qui lui a permis d’enclencher un processus de modernisation des filières de production en vue de maximiser la qualité, la valeur ajoutée et les revenus des agriculteurs. Ainsi, la mise en place d’un cadre contractuel et de partenariat entre le gouvernement et les organisations interprofessionnelles, représentant la majorité des filières agricoles, a rendu possible la signature de 19 contrats programmes entre 2008 et 2017, visant à encourager l’investissement privé, l’amélioration des conditions de production, l’augmentation de la compétitivité desdites filières par l’amélioration de la qualité et de la productivité, l’amélioration des conditions de commercialisation et le développement du potentiel exportable des produits et l’appui à la mise à niveau des organisations interprofessionnelles et le renforcement de la recherche & développement ainsi que la formation.
En somme, ces contrats programmes scellent les objectifs à atteindre quant aux superficies dédiées aux plantations, à l’effectif du cheptel, à l’économie d’eau, à l’augmentation de la production, à la mise à niveau de l’outil de valorisation et à l’amélioration des conditions de commercialisation des produits agricoles. Aussi, ils définissent les engagements des parties signataires, et couvrent 14 filières végétales (agrumes, arboriculture fruitière, olivier, palmier dattier, arganier, maraîchage de primeurs, céréales, semences, cultures sucrières, cultures oléagineuses, agriculture biologique, riz, rose à parfum et safran) et 5 filières animales (viandes rouges, lait, aviculture, apiculture et filière cameline).

163 milliards de DH investis, dont 45 milliards par l’Etat

Les chiffres fournis par le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime font état d’un investissement global de près de 166,3 milliards de DH, dont 45 milliards pris en charge par l’Etat, ce qui équivaut à 27% de l’investissement total mobilisé pour donner au secteur primaire les moyens de ses ambitions. Par ailleurs, le ministère de tutelle indique que, pour accompagner la concrétisation des contrats programmes précités, il a été procédé à l’instauration de dispositions particulières, assorties de mesures incitatives, dont la refonte du Fonds de Développement Agricole en vue de renforcer davantage les subventions et aides à l’attention des agriculteurs, et d’en prévoir de nouvelles affectées à la promotion de l’investissement. Parallèlement, le rôle des interprofessions a été renforcé au moyen d’un cadre juridique mis en place pour régir la création et le financement des activités en matière agricole et halieutique. L’agrégation agricole n’est pas en reste, puisqu’elle a, elle aussi, fait l’objet d’un cadre juridique dédié. Par ailleurs, le ministère a pris part à la mise à niveau des organisations interprofessionnelles en contribuant au renforcement de la recherche & développement par voie de conventions spécifiques conclues avec les interprofessions.
Le secteur a également bénéficié de la mise en place de l’assurance agricole multirisque climatique pour les productions céréalières, légumineuses, oléagineuses et fruitières. Les résultats escomptés de l’ensemble de ces mesures versent en faveur d’une meilleure organisation du marché intérieur et du développement des exportations agricoles marocaines, et ce, par l’adaptation des produits à la demande des marchés interne et externe, ainsi que leur valorisation.

Des professions mieux organisées

Afin de structurer la création des interprofessions, ainsi que leur financement, la Loi 03-12 a été mise en place avec l’objectif de renforcer la coordination et la concertation entre les différents opérateurs, de permettre aux interprofessions de bénéficier des ressources financières nécessaires à la réalisation de leurs objectifs et de faire face, de la manière la plus efficace, aux problématiques imposées par les défis que le Maroc a relevés. C’est ainsi que, depuis l’entrée en vigueur de ladite loi, pas moins de 14 interprofessions ont été reconnues, représentant les filières sucrière, agrumicole, oléicole, rizicole, semencière, oléagineuses, biologique, arboricole, safran, argane, apicole, viandes rouges, lait et avicole. Un premier bilan, établi par le ministère de tutelle, rend compte d’un état d’avancement satisfaisant sur l’ensemble des objectifs fixés, et démontre que la modernisation des filières et la valorisation de l’amont productif sont sur la bonne voie.